Jean-Louis Trintignant donne la réplique à Jean-Louis Bérard devant les résidents de la bergerie de Berdine.
Jean-Louis Trintignant donne la réplique à Jean-Louis Bérard devant les résidents de la bergerie de Berdine. © France 3 culturebox

"Il faut les aimer" Jean-Louis Trintignant auprès des personnes en réinsertion

Mis à jour le 11/10/2018 à 12H40, publié le 09/10/2018 à 18H26

La bergerie de Berdine dans le Vaucluse est depuis 45 ans un refuge pour les personnes en très grande difficulté. A l'occasion de l'anniversaire de l'association de réinsertion qu'il soutient depuis longtemps, Jean-Louis Trintignant est venu apporter chaleur et soutien. Avec beaucoup de simplicité.

S'il tourne en ce moment avec Anouk Aimé la deuxième suite "d'Un homme et une femme" de Lelouch, Jean-Louis Trintignant a refusé récemment de jouer dans le prochain film de Bruno Dumont. Atteint d'un cancer, il se dit trop fatigué pour reprendre un autre rôle au cinéma.

Sur des dialogues de Jean-Michel Ribes

Mais ce jour-là, l'acteur de 87 ans a retrouvé son énergie. Il donne la réplique au comédien Jean-Louis Bérard devant les résidents de la bergerie de Berdines. 

Les dialogues sont de Jean-Michel Ribes : 
- Vous voulez que je vous embrasse ? demande-t-il à son voisin
- sur la joue ? répond l'autre surpris
- non, sur la bouche
- c'est à dire ...
- c'est à dire quoi ? 
- ça vous ferait plaisir ?
- je ne sais pas encore vraiment mis oui certainement
- mais pas avec la langue !

L'assemblée rit. Jean-Louis Trintignant aussi. Cela fait des années qu'il parraine la bergerie de Berdine. Pour les 45 ans de l'association, il est au rendez-vous. 

Reportage France 3 Provence-Alpes F. Poret  / A. Martiniky / A. Boi

Chacun apporte sa pierre à l'édifice

Ce hameau de Saint-Martin le Castillon, dans le Vaucluse, est un refuge pour les personnes en grande difficulté, notamment toxicomanes ou alcooliques. Elles peuvent arriver sans prévenir et rester le temps nécessaire pour se renconstruire. Chacun des 70 occupants apporte sa pierre à l'édifice. Ils sont nourris et logés en échange d'une activité selon leurs capacités. Une démarche soutenue par Jean-Louis Trintignant depuis des années. 

La première idée de Berdine, c'est de recevoir les gens qui sont en perdition. Soit parce qu'ils sont allés vers l'alcool, soit parce qu'ils sont allés vers les drogues. Là il y a un mouvement qui est très généreux et qui est merveilleux. Il faut les aimer. On est tous là pour ça".

 Jean-Louis Trintignant

Patrick et Fred, anciens residents, se sont sortis de l'alcoolisme grâce à la bergerie de Berdine © France 3 culturebox Patrick et Fred, anciens residents, se sont sortis de l'alcoolisme grâce à la bergerie de Berdine © France 3 culturebox

"Cela fait sept ans que je n'ai pas touché une goutte d'alcool"

Patrick et Fred ont séjourné à la bergerie de Berdine il y a huit ans pour l'un et quinze ans pour l'autre. Ils s'en sont sortis grâce à la vie en communauté. "Je suis un type qui a bu pendant vingt ans, qui a fait des cures, qui est allé dans les hôpitaux, qui a tout fait. Rien n'a marché. Je suis arrivé à Berdine, un an après c'était terminé. Ça fait sept ans que je n'ai pas touché une goutte d'alcool" confie Patrick, aujourd'hui responsable de l'activité maraîchage à la Bergerie.

Fred, ancien charcutier, a tout perdu en 2002. Brisé par l'alcool. L'entraide et la solidarité lui ont permis de prendre un nouvel élan. "Ce n'est pas tous les jours facile parcequ'on vit avec soixante-dix personnes complètement différentes", témoigne-t-il. "Il faut faire avec. C'est vrai qu'il y a des périodes un peu plus difficiles. D'autres sont magnifiques. On vit des moments forts, on joue ensemble, on discute, on a des projets ensemble. C'est avec tout ça qu'on se reconstruit."

Par Ariane Combes-Savary

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