Maria Pacôme dans "La Compagnie de Sarah"(1988)
Maria Pacôme dans "La Compagnie de Sarah"(1988) © BENGUIGUI/ARPAJOU/SIPA

Maria Pacôme, la reine du théâtre de boulevard, est morte à 95 ans

Mis à jour le 02/12/2018 à 16H14, publié le 01/12/2018 à 17H26

La comédienne et dramaturge Maria Pacôme, notamment connue pour ses nombreuses interprétations dans le théâtre de boulevard, est décédée à l'âge de 95 ans, a annoncé sa famille. Son art s'est exprimé tant au théâtre et au cinéma, qu'à la télévision.

Reportage S.Jouve et P.Goldmann

https://videos.francetv.fr/video/NI_1326661@Culture

Née le 18 juillet 1923 à Paris, Simone Pacôme de son vrai nom a une jeunesse difficile pendant la guerre à Paris. Son père, militant communiste est déporté à Buchenwald, son frère aîné est fusillé par les Allemands. Elle subsiste en étant vendeuse dans un magasin de chaussures.

Entrée à 18 ans au cours Simon à Paris, Maria Pacôme est de la classe de Michèle Morgan, qui faisait déjà carrière, et de Danièle Delorme. Elle y rencontra  son futur mari, Maurice Ronet. Quand le succès arrive, la comédienne décide de se retirer pour ne pas éclipser son mari et se convertit à la poterie, une passion qui ne la quittera jamais, comme la peinture.

Reine du boulevard

Elle divorce toutefois de Maurice Ronet après six ans de mariage en 1956 et retourne sur les planches en 1958. Elle s’envole alors de succès en succès, inaugurés avec "Oscar" de Claude Magnier où elle joue au côté de Pïerre Mondy et Jean-Paul Belmondo.

"Le Noir te va si bien" : extrait

Maria Pacôme enchaîne ensuite avec une succession de triomphes comme "N’écoutez pas Mesdames" de Sacha Guitry en 1962, "Les Grosses têtes" de Jean Poiret et Michel Serrault en 1969 ou "Joyeuses Pâques" de Jean Poiret en 1981.

Reine du théâtre de boulevard, elle devient une égérie de l’émission "Au théâtre ce soir". Mais lassée par des rôles souvent similaires de bourgeoise délurée, elle prend sa plume et écrit ses propres pièces pour les interpréter. Elle-même se définit plutôt comme "une inquiète insouciante" qui "aime furieusement la vie". Bien que "fieffée paresseuse", selon ses propres termesCette nouvelle carrière débute en 1977 avec "Apprends-moi Céline", jusqu’en 2002 ou elle est seule en scène dans "L’Eloge de ma paresse".

Une carrière parallèle au cinéma

Parallèlement, Maria Pacôme fait une belle carrière au cinéma à partir de 1959, où elle apparaît dans "Voulez-vous danser avec moi ? " de Michel Boisrond. Elle interprète alors de nombreux seconds rôles dans "Le Gendarme de Saint-Tropez", "les Tribulations d’un Chinois en Chine", ou le "Distrait". Elle retrouve toutefois les premiers rôles dans "Les Sous-doués" ou "La Crise".

"La Crise" : extrait

Maria Pacôme interprétera de nombreux rôles à la télévision, comme dans "Un Chapeau de paille d'Italie", "Ca commence à bien faire !" et dans la série "Dr Sylvestre". Elle prêtera également sa voix à la grand-mère de Titeuf dans le long métrage d’animation adaptée de la célèbre BD de Zep.

Elle écrira et publiera ses mémoires, "Maria sans Pacôme" (Editions du Cherche Midi), en 2007. elle revient une dernière fois au théâtre l'année suivante, aux côtés de Jean Piat dans "La Maison du lac", un grand succès de Broadway des années 70, surtout connu pour son adaptation au cinéma en 1981 avec Henry Fonda et Katharine Hepburn. Dans cette pièce relatant l'amour au crépuscule de la vie, elle avait accepté de relever au pied levé la comédienne Danielle Darrieux.

Par Culturebox

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