Toulouse découvre Astérion le Minotaure, héros d'un opéra urbain de La Machine

Mis à jour le 05/11/2018 à 8H28, publié le 01/11/2018 à 19H51

Les Toulousains et les touristes de la ville rose ont découvert aujourd'hui sur la place du Capitole le Minotaure. Né de l'imagination de François Delarozière et de son équipe, le gigantesque colosse de bois sera pendant quatre jours la star articulée d'un mystérieux opéra urbain de La Machine.

Ses longs cils encore clos, le mastodonte de 47 tonnes et de 14 m de haut, au torse fendu d'une large balafre, se repose "d'un long voyage au-delà des continents et au-delà des océans", observe son créateur François Delarozière. La créature mi-homme mi-taureau, en bois de tilleul savamment sculpté et percé d'écussons d'or, est apparue dans la nuit à Toulouse mais ne s'éveillera que vendredi matin, manipulé par 16 machinistes, au deuxième acte d'une épopée de quatre jours conçue par la célèbre compagnie de spectacle de rue. "Je l'avais rêvé et là, l'image se concrétise, j'ai plaisir à le voir là. Le Capitole lui va bien", se félicite François Delarozière, directeur artistique de La Machine, qui espère 350.000 visiteurs tout au long du week-end.

Reportage : France 3 Midi-Pyrénées - J. Meurin / J. Duntze / S. Le Beon / P. Level

https://videos.francetv.fr/video/NI_1312431@Culture

"Wouahhhh, il est énorme"

Devant la carcasse truffée de technologies d'Astérion le Minotaure, les regards curieux, médusés ou admiratifs décortiquent l'oeuvre d'art sur fond d'exclamations bercées par le souffle rauque et régulier de la bête: "wouahhhh, il est énorme", lance le petit Heaven, 4 ans et demi, aux yeux pétillants. "J'ai vu des affiches dans le tram, on savait que ce serait quelque chose de géant", renchérit sa mère Lesly Menge, qui, travaillant lors des premières déambulations du Minotaure, vendredi, s'est organisée pour que son fils "n'en perde pas une miette".

L'araignée sur le toit

Plus loin, accrochée au toit de l'Hôtel Dieu, sur les bords de Garonne, Ariane, l'araignée géante de 38 tonnes dort aussi. Son réveil est prévu jeudi à la nuit tombée: elle tissera le fil qui guidera le Minotaure vers son temple sacré, selon le scénario du spectacle "Le Gardien du temple", toujours gardé mystérieux. "Nous revendiquons la surprise, le bouleversement du spectateur non captif qui devient public au coin d'une rue", souligne François Delarozière, également metteur en scène. "Le but, c'est que les gens se parlent, échangent. On veut transformer le regard, on oublie la ville et la ville devient une espèce de théâtre".

© ALAIN PITTON / NURPHOTO © ALAIN PITTON / NURPHOTO

"Porte-drapeau" de Toulouse  

Après Ottawa, Liverpool, Pékin, Bruxelles ou Yokohama, "l'idée était de s'inspirer du mythe du Minotaure mais de le réinventer", raconte à l'AFP Frédette Lampre, responsable de la diffusion, la communication et des partenariats de la compagnie nantaise. Pendant la nuit, le temple antique s'est échoué sur le sable de la Garonne. Ce décor a l'aspect du Capitole, où siège l'Hôtel de ville toulousain. A la fin du spectacle, le Minotaure le portera sur son dos et pourra ensuite transporter les visiteurs, à l'image du Grand éléphant de la compagnie à Nantes. Car le mastodonte hybride, mi-thermique, mi-électrique, deviendra "le porte-drapeau métropolitain" de Toulouse, s'enorgueillit François Delarozière. La municipalité de Jean-Luc Moudenc (LR) en espère de rapides retombées touristiques.

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Avant la Halle de La Machine

Accompagné d'un choeur de 40 voix et ponctué d'effets spéciaux, le spectacle de 200 personnes se jouera dans un labyrinthe de rues toulousaines, en prélude à l'inauguration, les 9-10-11 novembre, de la Halle de La Machine, où Astérion élira domicile. A la Halle, conçue comme une écurie pour 60 à 80 automates fantastiques en bord de la piste historique de l'aéropostale, en périphérie toulousaine, le Minotaure deviendra "une machine de ville, une machine citoyenne qui a une fonction usuelle comme le métro et le bus", souligne Frédette Lampre. "La machine de spectacle se mue en machine de transport émotionnel" qui offre une promenade aux visiteurs. La maire de Calais Natacha Bouchart est d'ailleurs venue en repérage pour son futur "Dragon des mers" qui vise, à partir de septembre 2019, à "redonner de l'attractivité à la ville et restaurer une image détruite après la crise migratoire".

Par Culturebox (avec AFP)

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