Buste reliquaire de Saint-Yrieix (détail), ca. 1220-1240, Metropolitan Museum of Art, New York, don de J. Perpont Morgan, 1917
Buste reliquaire de Saint-Yrieix (détail), ca. 1220-1240, Metropolitan Museum of Art, New York, don de J. Perpont Morgan, 1917 © -

Saint-Yrieix-la-Perche réclame au Met la restitution d'un reliquaire médiéval

Mis à jour le 11/01/2018 à 19H11, publié le 11/01/2018 à 19H01

Saint-Yrieix-La-Perche, petite commune de Haute-Vienne, réclame la restitution d'un reliquaire du XIIIe siècle, un buste d'or et d'argent incrusté de pierres précieuses, conservé depuis plus de cent ans par le Metropolitan Museum of Art (MET) de New York, et dont elle affirme être le "seul propriétaire".

La mairie a officiellement demandé par courrier au Metropolitan Museum of Art (MET), mardi 10 janvier, la restitution de ce reliquaire, un buste précieux censé avoir contenu les ossements du crâne de saint Yrieix également connu comme saint Aredius, a-t-on appris auprès de cette ville de quelque 7.000 habitants.
 
L'original de la châsse est "exposé de manière permanente depuis 1907 à New York" tandis qu'une copie est conservée à la collégiale Saint-Yrieix.
 
Ce buste du fondateur au VIe siècle du monastère de Saint-Yrieix a été reconnu comme étant une copie exécutée au tournant du siècle dernier par un sculpteur-orfèvre londonien, à la demande d'un marchand d'art anglais, Joseph Duveen.

Buste reliquaire de Saint-Yrieix, ca. 1220-1240, Metropolitan Museum of Art, New York, don de J. Perpont Morgan, 1917 © - Buste reliquaire de Saint-Yrieix, ca. 1220-1240, Metropolitan Museum of Art, New York, don de J. Perpont Morgan, 1917 © -


Vendu par les religieux en 1906

L'original daté du XIIIe siècle aurait quitté Saint-Yrieix en 1906, cédé par les religieux qui en avaient la garde au sein de la collégiale sans que la commune le sache. Or celle-ci était "le seul et légitime propriétaire" du reliquaire, affirment les services de la ville.
 
Le célèbre banquier d'affaires et amateur d'art américain JP Morgan l'aurait acquise avant qu'en 1917 ses héritiers joignent le précieux reliquaire à leurs diverses donations au MET de New York.
 
A l'époque, le musée "ne vérifie pas la provenance du reliquaire, et  personne ne se rend compte de la substitution. Il faudra attendre la fin des années 1950 et le voyage d'un Arédien, Antoine de la Tour, stupéfait de reconnaître lors de sa visite au MET le reliquaire de sa ville limousine pour démasquer la supercherie", affirment les responsables municipaux du patrimoine.

La substitution constatée seulement en 1962

Ce n'est qu'en 1962 que les Monuments historiques constatent officiellement la substitution du reliquaire qui figure pourtant à leur inventaire depuis 1891.
 
En 2015, la municipalité décide de récupérer "son reliquaire" et demande l'appui du ministère de la Culture dans cette démarche.
 
Qualifié de "trésor national" par Judith Kagan, conservatrice au Bureau de la conservation du patrimoine mobilier et instrumental, le buste d'Arédius a, affirme-t-elle, été soustrait de manière "illicite". Selon cette experte, la commune de Saint-Yrieix reste en effet le propriétaire légitime de ce mobilier culturel "inaliénable". Un argument que la mairie fait valoir pour récupérer la pièce, dans sa lettre envoyée au MET.
 
La commune espère un accord "à l'amiable" avec le musée new-yorkais, mais "s'il refuse, la ville, qui est dans son bon droit, pourra engager une action civile", prévient-elle.
 

Par Culturebox (avec AFP)

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