Peinture de Soma Difusa au coin d'une rue de Bogota 
Peinture de Soma Difusa au coin d'une rue de Bogota  © Soma Difusa

Journées du patrimoine : du street art à France Télévisions

Mis à jour le 17/09/2018 à 12H52, publié le 14/09/2018 à 13H13

Pour les Journées du patrimoine, les muralistes débarquent à France Télévision. 6 des meilleurs artistes de cet art interviennent le 15 et 16 septembre sur une palissade de France Télévisions. Une oeuvre visible pour les visiteurs de France Télévision durant les journées du Patrimoine. Et l'occasion de faire un tour du monde du street-art avec ces artistes venus du coin de la rue des murs peints.

La tradition du muralisme

Ils sont six. Ils arrivent de Colombie, de Grèce ou de France grâce à l'association Maquis-art et à Mika Papamichael, l'agent des 6 artistes.  Leurs peintures sont flamboyantes et joyeuses même s’ils racontent une nature dévastée, une humanité en péril et des luttes sociales violentes. Le street art entre New York et Bristol a gagné ses lettres de noblesse depuis les années 70. Mais le muralisme, qu’est ce donc ? Quelle différence avec le graff ? Explication par l'Histoire et la technique.

Le muralisme est né non loin de la Colombie, au Mexique dans les années 20. Politique et poétique sont les 2 adjectifs qui qualifient le geste de ces peintres dont l’atelier est la ville. Ils s’inspirent de la peinture murale pré- colombienne et associent le message politique et révolutionnaire à la splendeur de la nature et l’iconographie surnaturelle. Un mélange qui s’exprime sur les grandes surfaces des murs de la ville. Le mexicain, Diego Rivera est le muraliste le plus connu de l’histoire de l’art. 

Fresque murale de Diego Rivera. Gloriosa victoria  © Musée des beaux-arts Pouchkine Fresque murale de Diego Rivera. Gloriosa victoria  © Musée des beaux-arts Pouchkine

Les pinceaux à l'assaut de tous les murs  

Dans les années 70, la peinture murale s’exporte de l'autre côté de la frontière et les militants de la cause noire s'en emparent au Etats-Unis. Car de tradition les fresques sont des armes revendicatives. Les villes se transforment et les surfaces changent, et le muralisme garde des avantages techniques sur le graff. 

"La où les graffeurs ont besoin de champ libre pour bomber, là où la bombe ne passe pas dans les interstices des façades, le pinceau, le rouleau du peintre muraliste trouve son chemin quelque soit les surfaces même les plus biscornues" confie David Benamou, de l'association Maquisart, l’un des plus fins connaisseurs du street art en France. 

Juan Felipe Cespedes Lopez À playa Tamarindo   Juan Felipe Cespedes Lopez À playa Tamarindo   ©

Six artistes en quête de murs

Ils sont six donc, présents ce week-end à Paris. Les colombiens seront en majorité, avec Juan Felipe Cespedes Lopez et Giovanni Acevedo, ainsi que leur concitoyenne Soma Difusa. Ils seront accompagnés de Pesk, du français Freddish et du grec skateboardeur et graffeur, Billy Gee.

En région parisienne pour découvrir le street-art, l’amateur se rend dans les anciens hangars Sncf de l’Aerosol dans le Nord de Paris ou à Vitry. En Colombie, à Bogota, les touristes parcourent la Calanderia, le quartier à l’architecture coloniale et défraichie dont les murs se parent des couleurs de ces peintures. C’est là que Felipe Cespedes Lopez, natif de la capitale intervient. "Au départ, on parle de graffiti, de tags. Ce sont des écritures et des formes simples, rapides à effectuer. Peu à peu, cet art se transforme. Le muralisme se mue alors en street-art, gagne ses lettres de noblesse et fini par être de plus en plus respecté et plébiscité par le public", confiait-il au site Terra Colombia. 

Le pari, la promesse. Soma Difusa  © Soma Difusa Le pari, la promesse. Soma Difusa  © Soma Difusa

Parmi les six artistes, une femme : Soma Difusa colombienne de 28 ans qui intervient des deux cotés de l'Atlantique. Des ébauches dessinées au crayon à papier jusqu'à ces monumentales parois peintes, Soma garde le souci du détail, de la finesse du trait et l'élégance des textures. Son univers : la nature. 

 De l'heroic fantaisy au skate-board 

Né en 1971 à Paris, Freddish Papritz est le seul français de la bande à s’attaquer à la palissade de France Télévisions. Il fut l’assistant de Niki de Saint Phalle et de Jean Tinguely. C'est ainsi qu'il cotoya les nouveaux réalistes que furent Arman et Raysse. Sa carrière se développe parallèlement à l’éclosion du mouvement hip hop en France. Il débute dans les années 80, et en 2009 Freddish réalise un décor de scène à l'Olympia pour ses vieux amis d'Assassin (groupe du hip hop Français). Il enchaîne les performances dans les soirées de l'underground parisien. Il est l'assistant de Keith Harring, en avril 1987 lors de la création à l'hopital Necker. Sur ces pallissades urbaines, le geste de Freddish s'inspire de la bande dessinée, du jeu vidéo, des graffitis et de l'heroic fantasy.

© Freddish Papritz © Freddish Papritz

Billy Gee, lui est un skateboader et un graffeur grec. En Europe, Athènes a gagné une place importante dans le domaine du street-art. Ce fut la grave crise économique qui fut le déclencheur du mouvement. Ensuite, les murs d’Athènes sont devenus les dazinbao du graff. La frustation de la jeunesse et les mouvements de contestation de l’austérite ont trouvé sur les murs de la capitale grecque leur légitime place, la parole s'est libéree sur les décombres de la capitale grecque.
 

Sur le site  theculturetrip.com, il explique que pour cet art de la rue "il y a eu un boom à Athenes. Le résultat est le paysage que vous avez aujourd'hui, où le graffiti et le street-art sont fétichisés et à la mode. C’est juste une des raisons pour lesquelles Athènes est considérée comme le 'nouveau Berlin'. Les Instagrams de graffitis et de street-art abondent, et de nombreux nouveaux artistes sont venus à Athènes pour y travailler."

“REVOLUTION”
	At Gennevilliers 92
	with Peams & Oniro
Paris France 2017 © Billy Gee “REVOLUTION” At Gennevilliers 92 with Peams & Oniro Paris France 2017 © Billy Gee

France Télevisions : une étape de la tournée des artistes 

Aprés être intervenus au siége de France Télévisions, les six artistes rejoindront Toulouse pour Latino Graff qui aura cette année le voyage comme thème et fil conducteur.

Du 19 au 30 septembre 2018, cette édition donnera l’opportunité à une sélection d’artistes latino-américains et français d’investir les façades de Toulouse et de l'Occitanie, d’y apporter, en collaboration avec les habitants des lieux, leurs couleurs, leurs techniques, leurs influences et leur vision du monde au fil d’un parcours semé d’activités culturelles et festives.

Retrouvez les oeuvres de ces artistes ici

<span>Par</span> Christophe Airaud

Par Christophe Airaud

@Culturebox

Aimez notre page Facebook
pour suivre toute
l'actualité culturelle