Deux géants de la musique brésilienne sur scène. À gauche, Antônio Carlos Jobim au piano dans les années 1980 ; à droite, João Gilberto à la guitare dans les années 70
Deux géants de la musique brésilienne sur scène. À gauche, Antônio Carlos Jobim au piano dans les années 1980 ; à droite, João Gilberto à la guitare dans les années 70 © Tom Copi - Michael Ochs Archives / Getty Images

La bossa nova a soixante ans : 20 chansons emblématiques

Mis à jour le 08/03/2019 à 10H38, publié le 27/12/2018 à 19H11

En 1958, la chanson "Chega de saudade", signée Antônio Carlos "Tom" Jobim (pour la musique) et Vinícius de Moraes (pour les paroles), interprétée par João Gilberto, allait marquer l'acte de fondation d'un mouvement musical, la bossa nova, qui a envahi le monde et inspiré des générations d'artistes, notamment issus du jazz. Hommage en musique, dans un ordre chronologique à partir de l'année 1958.

À eux trois, Tom Jobim, Vinícius de Moraes et João Gilberto incarnent ce mouvement musical, héritier de la samba, qui a commencé à prendre forme en 1956, 1957, dans les beaux quartiers de Rio de Janeiro. Avec son esthétique délicate et épurée, ses harmonies sophistiquées, la bossa nova s'épanouit à l'ombre d'une période éphémère de prospérité et de stabilité politique pour le Brésil, celle de la présidence de Juscelino Kubitschek (1956-1961). Cependant, Jobim le compositeur surdoué, Moraes le poète parolier et Gilberto l'architecte d'un style - celui qui a insufflé l'esprit et cette pulsation unique - ne sont pas seuls. Il y a des musiciens comme le pianiste Newton Mendonça, disparu trop tôt. Et avant Tom Jobim et João Gilberto, d'autres compatriotes comme Johnny Alf et Dick Farney, qui mélangeaient samba et jazz, ainsi que le guitariste Garoto, figurent parmi les précurseurs oubliés de la bossa nova. Inspiré par les compositeurs classiques dans ses harmonies et jusque dans certains thèmes, Jobim revendiquait volontiers une influence française : celle de Debussy.
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"Chega de saudade" (1958)

João Gilberto : "Chega de Saudade" (Musique de Tom Jobim / Paroles de Vinícius de Moraes) - 1958

À l'aube de la bossa nova, née dans les beaux quartiers de Rio de Janeiro, cette chanson-phare du partenariat entre Tom Jobim et le poète-diplomate Vinícius de Moraes sera enregistrée trois fois en quelques mois. D'abord par Elizete Cardoso, célèbre chanteuse représentative d'un art du chant très expressif, dans son album "Canção do amor demais" (1958) dont le répertoire est signé Antônio Carlos "Tom" Jobim et Vinícius de Moraes. Ensuite, quelques mois plus tard, le 10 juillet 1958, par un jeune musicien autodidacte, João Gilberto. Originaire de l'État de Bahia, ce chanteur et guitariste de 27 ans a participé à l'album d'Elizete Cardoso. Il enregistre son propre disque et sa version de "Chega de saudade". Au dos du 33 tours sorti en mars 1959, il est adoubé et défendu par un texte signé Jobim, arrangeur de son album. Entre ces deux enregistrements, João Gilberto a également joué de la guitare sur la version du groupe Os Cariocas. Totalement inédite à l'époque, sa façon si particulière d'accompagner le chant à la guitare, sa fameuse "batida", qu'il a travaillée seul, reclus pendant des mois dans sa région natale, a sidéré et ébranlé la scène musicale de Rio. Délaissant les arpèges, avec sa main droite il plaque désormais ses accords sur des motifs rythmiques de samba, mais avec des nuances qui forgent la griffe bossa. Et il propose un chant épuré, quasi murmuré, où toute émotion est intériorisée. "Chega de saudade" deviendra la chanson fondatrice de la bossa nova.
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"Desafinado" (1959)

João Gilberto : "Desafinado" (Tom Jobim / Newton Mendonça), en 1980 à la télévision brésilienne

Dans les arts comme en politique, une révolution ne s'accomplit pas sans résistance ni détracteurs. À ses débuts, la bossa nova essuie de violentes critiques de la part de la presse brésilienne. Déguisée en chanson d'amour, "Desafinado" constitue une réponse à la bronca des gazettes. "Si vous dites que je suis désaccordé, mon amour/ Sachez que cela me cause une peine immense/ Seuls les privilégiés ont une oreille comme la vôtre/ Je ne possède que ce que Dieu m'a donné", telles sont les premières paroles. Enregistrée en novembre 1958 pour un 78 tours de João Gilberto, puis pour son album "Chega de Saudade" (1959), la chanson est l'un des fruits de la collaboration entre deux pianistes et compositeurs, deux amis d'enfance, Tom Jobim et Newton Mendonça. Ce dernier se tuera littéralement à la tâche, travaillant sans cesse, jouant du piano chaque nuit dans les clubs de Copacabana. Il succombera à une crise cardiaque à 33 ans le 22 novembre 1960 sans voir le succès planétaire de la musique qu'il a contribué à fonder.
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"Samba de uma nota só" (1959)

Tom Jobim, avec notamment le renfort du guitariste Toquinho, interprète "Samba de uma nota só" (Tom Jobim / Newton Mendonça) en octobre 1978, lors d'un show télévisé à Milan

Entre bossa nova et samba, les nuances en termes de rythme sont très subtiles et c'est surtout le tempo, l'orchestration et l'intention qui distinguent les deux univers. C'est pourquoi certaines sambas, désignées comme telles dans leur titre même, sont assimilées historiquement au mouvement bossa nova. Composé en 1959, "Samba de uma nota só", qui deviendra "One Note Samba" dans le monde du jazz, est un autre joyau du partenariat entre Tom Jobim et Newton Mendonça. Sa première version enregistrée ouvre l'album "O amor, o sorriso e a flor" de João Gilberto (1960).
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"A Felicidade" (1959)

Au piano, Tom Jobim dirige son groupe Nova Banda, avec Danilo Caymmi au chant solo, sur "A Felicidade" (Jobim / Moraes), sur scène à Montréal en 1986

Ce classique du partenariat entre Tom Jobim et Vinícius de Moraes figurait à l'origine dans la bande-originale du film "Orfeu Negro" de Marcel Camus (1959 - Palme d'Or à Cannes), adaptation de la pièce de Moraes "Orfeu da Conceição" créée en 1956 et qui lança la collaboration entre son auteur et Jobim. Le texte évoque le bonheur éphèmère que procurent les quelques journées du carnaval de Rio pour les gens des favelas.
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"Manha de Carnaval" (1959)

"Manhã de Carnaval" (Luiz Bonfa / Antônio Maria) dans le film "Orfeu Negro". Pour les chansons, Breno Mello, qui joue le rôle d'Orfeu, est doublé par le chanteur Agostinos dos Santos.

C'est probablement la chanson la plus connue du film "Orfeu Negro". Écrite par le guitariste Luiz Bonfa (musique) et l'écrivain Antônio Maria (paroles), elle a contribué à exporter la bossa nova aux États-Unis et dans le reste du monde. Elle a fait l'objet d'innombrables reprises au fil du temps, par des artistes brésiliens, de jazz, de folk, de pop...
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"O Barquinho" (1959)

Nara Leão chante "O Barquinho" (Menescal/Bôscoli) en 1985 dans l'album "Garota de Ipanema"

"O Barquinho" est une chanson écrite par Roberto Menescal et Ronaldo Bôscoli, deux artistes qui ont participé à la naissance de la bossa nova. Ce titre a été maintes fois interprété par des artistes brésiliens et adapté dans le monde du jazz sous le titre "Little Boat". Dans sa version portugaise, la chanson demeure l'un des classiques du répertoire de la chanteuse Nara Leão, souvent surnommée "la muse de la bossa nova". C'est en effet dans sa maison, située sur l'Avenida Atlântica à Copacabana, alors qu'elle n'était encore qu'une adolescente, que la jeunesse dorée des artistes cariocas se réunissait régulièrement, chantait, jouait, écrivait, composait de la musique. C'est là que la bossa nova est née.
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"Eu sei que vou te amar" (1959)

Emilio Santiago chante sur scène "Eu sei que vou te amar" (musique de Tom Jobim / paroles de Vinícius de Moraes), avec le public

Signée Tom Jobim et Vinícius de Moraes, la chanson apparaît en 1959 dans un album de la chanteuse Maysa. Classée en 24e position des plus grandes chansons brésiliennes par le magazine "Rolling Stone Brésil", elle a fait l'objet de magnifiques interprétations comme celle de son auteur lui-même, avec la chanteuse Maria Creuza et le guitariste Toquinho dans le mythique album "La Fusa" (1970), ou celle de Caetano Veloso qui la chante sur plusieurs octaves, glissant des citations d'une autre chanson de Jobim, "Dindi".
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"Corcovado" (1960)

Elis Regina et Tom Jobim interprètent "Corcovado" (Jobim) en live en 1974

Tom Jobim signe les paroles et la musique de ce classique absolu de la bossa qui décrit la douceur d'aimer dans un décor idyllique surplombé par le Christ Rédempteur en haut du Corcovado. João Gilberto l'enregistre en 1960 dans "O amor, a sorriso e a flor". Le titre devient un standard international avec sa version anglo-portugaise "Quiet Nights of Quiet Stars" sortie en 1964 dans le mythique album "Getz/Gilberto".
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"Agua de beber" (1961)

Antônio Carlos Jobim : "Agua de Beber" (Jobim / Moraes), en concert à Montréal en 1986 avec son groupe Nova Banda. En guise d'intro au piano, Jobim joue le début du thème d'un autre de ses classiques, "Estrada do Sol".

Un texte très poétique sur la peur d'aimer signé Vinícius de Moraes, une musique de Tom Jobim devenue un pur classique. Jobim l'enregistre en 1963 à New York dans une version instrumentale pour son album "The Composer of Desafinado, Plays". Astrud Gilberto le reprend en 1965 (avec la participation de Jobim), puis Frank Sinatra, Al Jarreau ou Ella Fitzgerald parmi tant d'autres...
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"Insensatez" (1961)

João Gilberto chante "Insensatez" (musique de Tom Jobim / paroles de Vinícius de Moraes) dans l'album "João Gilberto" en 1961

Cet autre classique de la bossa est l'une des chansons les plus émouvantes du tandem Jobim/Moraes, avec sa mélodie fortement inspirée par le Prélude n°4 de Chopin et son texte poignant relatant l'échange entre deux amants dont l'un a profondément blessé l'autre. Le morceau est devenu un standard international sous le titre anglais "How Insensitive". Dans son ultime album "Antônio Brasileiro" (1994), Jobim l'enregistre en duo avec Sting.
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"Você e eu" (1961)

Carlos Lyra (chant) et Paul Winter (saxophone) : "Você e eu" (1965)

Chanteur, compositeur et guitariste, Carlos Lyra fait partie, au milieu des années 50, des habitués des soirées musicales de l'Avenida Atlântica chez les parents de la jeune Nara Leão. Avec Roberto Menescal, il est l'un des benjamins de cette bande de musiciens. S'il a écrit sa première chanson en 1954, c'est avec l'incontournable parolier Vinícius de Moraes qu'il cosignera ses plus grands succès, en tête desquels "Você e eu". João Gilberto l'enregistre en 1961. Quatre ans plus tard, dans un album réalisé en duo avec le saxophoniste américain Paul Winter, Carlos Lyra enregistre sa propre version de sa musique.
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"A Garota de Ipanema" (1962)

"A Garota de Ipanema" (Jobim / Moraes) par João Gilberto (voix, guitare), Astrud Gilberto (voix), Stan Getz (saxophone) et Tom Jobim (piano) - Chanson enregistrée en 1963, sortie en 1964

"A Garota de Ipanema" (la fille d'Ipanema) est probablement la chanson la plus célèbre, la plus universelle, de la bossa nova. Elle a été inspirée à Vinicíus de Moraes (pour les paroles) et Tom Jobim (pour la musique) alors qu'ils regardaient passer, depuis le bar d'Ipanema où ils aimaient se retrouver, une jeune beauté marcher vers la plage. La chanson a été jouée pour la première fois en public en août 1962 au restaurant-cabaret "Le Bon Gourmet" qui n'existe plus aujourd'hui. La version de référence demeure celle de l'album Getz/Gilberto, enregistré à New York en mars 1963 et lancé un an plus tard. Cet album intemporel, qui a lancé la bossa nova dans le monde, réunit le saxophoniste américain Stan Getz, João Gilberto, Tom Jobim au piano, la chanteuse Astrud Gilberto (alors épouse du guitariste), Milton Banana à la batterie et aux percussions, Sebastião Neto à la contrebasse. Quant à la "Garota de Ipanema", devenue "The Girl from Ipanema" dans sa version anglaise, elle a été adaptée dans des centaines de langues, de pays, reprise par des milliers d'artistes, sublimée par les uns, transformée en soupe d'ascenseur par les autres... Entre-temps, la jeune héroïne de la chanson, Heloisa Pinheiro, a su saisir cette notoriété inattendue pour faire carrière dans le mannequinnat, les affaires et la télévision.
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"Só danço samba" (1963)

Le groupe Os Cariocas chante "Só danço samba" (musique de Tom Jobim / paroles de Vinícius de Moraes) dans leur album "A Bossa dos Cariocas" (1962)

Cette chanson pétillante, parmi les plus joyeuses du tandem Jobim/Moraes, a été enregistrée à diverses reprises avant d'être immortalisée sur le mythique album "Getz/Gilberto" sorti en 1964. Petite curiosité : elle semble avoir été écrite en grande partie sur la même grille harmonique que le standard de jazz "Take the A Train" que Billy Strayhorn composa en 1941 pour Duke Ellington. Les premières parties des deux morceaux peuvent se superposer sans problème. Un hommage du maître brésilien à son glorieux aîné nord-américain, en quelque sorte.
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"O Grande Amor" (1963)

João Gilberto et Stan Getz : "O Grande Amor" (1963)

Moment de grâce absolue de l'album "Getz/Gilberto" - mais on pourrait en dire autant de l'ensemble du disque -, "O Grande Amor" est l'un des plus poignants joyaux du tandem Jobim/Moraes, même s'il n'est pas forcément le plus connu du grand public. Sommet de délicatesse et de mélancolie, tant au niveau de l'interprétation que des solos (Getz au saxophone, et Jobim qu'on aurait aimé entendre improviser davantage au piano sur le disque), cette chanson ne pouvait pas être absente de cette sélection.
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"Samba de verão" (1964)

Marcos Valle : "Samba de Verão" (Valle) - 1965

Sortie d'abord en 1964, "Samba de Verão" - "samba d'été", qui deviendra "(So Nice) Summer Samba" dans ses adaptations anglophones - est intégrée l'année suivante dans l'album "O Compositor e o Cantor" de Marcos Valle. Les paroles ont été écrites par son frère, Paulo Sérgio Valle. Jeune compositeur, chanteur et instrumentiste alors âgé de 22 ans, Marcos Valle fait partie de la deuxième génération de la bossa nova. Une version instrumentale de sa chanson, enregistrée par le trio de l'organiste brésilien Walter Wanderley dans l'album "Rain Forest" (1966), rencontrera un énorme succès, lui garantissant un rayonnement international définitif.
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"Coração vagabundo" (1967)

Caetano Veloso et Gal Costa chantent "Coração Vagabundo" (Veloso) en 1967 dans l'album "Domingo"

Caetano Veloso fait partie de cette génération dorée d'auteurs, compositeurs et interprètes brésiliens de génie nés dans la première moitié des années 40, avec Chico Buarque, Milton Nascimento, Gilberto Gil, Edu Lobo... Trop jeunes pour avoir participé à la naissance de la bossa nova, ils se sont naturellement engouffrés dans la vague. Veloso a écrit et composé "Coração Vagabundo", sorti en 1967 dans l'album "Domingo" enregistré en duo avec la chanteuse Gal Costa. Une chanson devenue un classique intemporel.
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"Wave" (1967)

Tom Jobim : "Wave" (1967)

Morceau instrumental de l'album éponyme sorti en 1967, "Wave" est devenu un grand standard de jazz. Tom Jobim avait invité Chico Buarque à en écrire les paroles portugaises, mais celui-ci n'en a proposé que les trois premiers mots "Vou te contar" ("je vais te raconter") avant de fausser compagnie au compositeur. Celui-ci ne lui en a pas tenu rigueur et a écrit le reste du texte. La chanson fait notamment partie du répertoire de la chanteuse Gal Costa.
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"Retrato em branco e preto" (1968)

Chico Buarque : "Retrato em branco e preto", extrait de l'album "Chico Buarque de Hollanda - volume III" (1968)

Au départ, cette chanson sublime était un thème instrumental de Jobim, intitulé "Zingaro" et sorti en 1967 dans l'album "A Certain Mr Jobim", à une époque où il menait sa carrière aux États-Unis. En 1968, il a invité Chico Buarque, artiste surdoué de 24 ans surveillé de près par la junte militaire au Brésil, à écrire un texte sur cette musique. "Zingaro" est devenu "Retrato em branco e preto" (littéralement : "Portrait en blanc et noir"). Dès lors, un partenariat fructueux et une amitié profonde allaient unir les deux génies brésiliens.
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"Aguas de Março" (1972)

Elis Regina et Tom Jobim chantent "Aguas de Março" (Jobim) dans un document réalisé pendant l'enregistrement de leur album "Elis e Tom" (1974). La vidéo a été insérée dans le film "A Música segundo Tom Jobim" de Nelson Pereira dos Santos et Dora Jobim (2012)

Inspirée par une puissante averse, cette chanson a été écrite et composée par Tom Jobim en mars 1972 dans sa résidence de campagne. Elle amorce un renouveau dans la vie du compositeur en proie à l'ennui et au doute depuis quelques années. Avec son texte qui parle de la vie, de la nature et de l'humain au travers d'une suite d'images, "Aguas de Março" relancera la carrière du musicien. Plusieurs versions sont enregistrées entre 1972 et 1975, dont on retient celle pour l'album solo de Jobim "Matita Perê" (1973), celle de João Gilberto dans son album blanc (1973), et bien sûr la version de référence en duo avec Elis Regina pour le chef-d'œuvre "Elis e Tom" (1974). Georges Moustaki l'adapte en français dès 1973, Art Garfunkel l'enregistre en anglais en 1975... C'est Jobim lui-même qui a écrit la version anglaise. En 2001, lors d'un vote réalisé par des artistes et journalistes liés au monde des arts pour le journal "Folha de São Paulo", "Aguas de Março" a été élue meilleure chanson brésilienne de tous les temps. En 2011, une tempête de pluie a détruit la maison qui a vu naître "Aguas de Março"...
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"Estate" (1977)

"Estate" (musique de Bruno Martino, paroles de Bruno Brighetti) dans l'enregistrement de João Gilberto en 1977

À la base, c'est une chanson italienne composée et chantée en 1960 par le pianiste Bruno Martino. Un an plus tard, lors d'une tournée européenne, João Gilberto découvre la chanson en Italie. Il en conservera le texte italien et la réadaptera façon bossa en 1977 dans son album "Amoroso". "Estate" deviendra un standard international.

On aurait pu choisir tant d'autres classiques : "Meditação" (Jobim, 1959), "Bim bom" (Gilberto, 1955-56, sortie en 1959), "Lígia" (Jobim, 1972), "Doralice" (chanson de Dorival Caymmi reprise par João Gilberto en 1960 et 1963), "Pra dizer adeus" (Edu Lobo, 1966), "Dindi" (Jobim, 1959), "Vivo sonhando" (Jobim, 1963), "O amor em paz" (Jobim, 1960), "A Rã" (João Donato, 1970)... À vous de poursuivre l'exploration.

> À lire : "Bossa nova, la grande aventure du Brésil", de Jean-Paul Delfino, ouvrage instructif et passionnant paru en 2017 aux éditions Le Passage
> À savoir : Antônio Carlos Jobim a fait l'objet d'un hommage rendu par l'Académie des Beaux-Arts, à Paris, le 12 décembre, avec une conférence du compositeur Laurent Petitgirard mise en musique par Márcio Faraco.
> À lire et écouter : notre hommage à Jobim en 12 chansons pour les vingt ans de sa disparition en 2014

Par Annie Yanbékian

@annieyanbekian

Journaliste, responsable de la rubrique Jazz-Musiques du Monde de Culturebox

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