Exposition "T-Shirt: culte - culture - subversion"
Exposition "T-Shirt: culte - culture - subversion" © Musée de la mode et du textile de Londres

Le t-shirt à messages subversifs ou revendicatifs, objet d'une expo à Londres

Publié le 11/02/2018 à 10H39

Vêtement basique, le t-shirt est aussi un support de communication qui, de la défense de l'environnement aux droits des homosexuels, a été de toutes les luttes. Ouverte jusqu'au 6 mai au Musée de la mode et du textile de Londres, l'exposition "T-Shirt : culte - culture - subversion" retrace l'impact du t-shirt dans la culture populaire.

"Depuis ses toutes premières apparitions au début du XXe siècle, le t-shirt a été un moyen de transmission des passions sociales, musicales ou politiques", explique le musée dans une introduction à l'exposition. 

Popularisé par l'US Navy en 1913, rendu célèbre par Marlon Brando dans "Un tramway nommé désir" en 1951, le t-shirt, qui tire son nom de sa forme en T, est rapidement devenu un support de choix pour les communicants attirés par sa simplicité et sa facilité de fabrication à grande échelle. "C'est l'un des vêtements les plus démocratiques qui existent, et grâce à la sérigraphie, vous pouvez reproduire des messages à l'infini", souligne le commissaire de l'exposition, Dennis Nothdruft. 

Marlon Brando dans "Un tramway nommé désir" en 1951

En 1977, la prêtresse de la mode punk Vivienne Westwood confectionne un t-shirt avec le portrait d'Elizabeth II, les yeux barrés de la mention "God Save The Queen" créé par l'artiste Jamie Reid. "Etant donné le caractère sacré de la reine en Angleterre, faire ce genre de chose constituait un véritable affront", remarque Dennis Nothdruft. Cette grande provocatrice a multiplié les t-shirts coup de poing au fil des années. En 2012, la styliste apporte son soutien au fondateur de WikiLeaks Julian Assange en apposant son propre portrait sur un t-shirt portant le message "Je suis Julian Assange".

Vivienne Westwood prône la liberté sur un Tshirt, en 2005 © Odd ANDERSEN / AFP Vivienne Westwood prône la liberté sur un Tshirt, en 2005 © Odd ANDERSEN / AFP

Tout le monde devrait être féministe

Dans un autre genre, les artistes John Dove et Molly White réalisent en 1976 un t-shirt sans manche montrant un Mickey Mouse au regard hypnotique sur fond de champignon atomique, une oeuvre censée dénoncer la faillite du système américain. Le maillot devient culte dans les milieux punk et finit par attirer l'attention de Disney, qui force les deux créateurs à cesser toute vente du vêtement, indique le musée.

L'Américain Keith Haring, le roi du street art, conçoit en 1990 pour l'organisation Act Up un t-shirt "Ignorance = Fear, Silence = Death" fustigeant la méconnaissance du sida et l'homophobie. 

Keith Haring et son t-shirt "Ignorance = Fear, Silence = Death" © Keith Haring Keith Haring et son t-shirt "Ignorance = Fear, Silence = Death" © Keith Haring

En 2017, l'artiste Jeremy Deller imagine un t-shirt aux couleurs du drapeau européen barré du message "Don't worry, fuck Brexit" tandis que la créatrice Maria Grazia Chiuri pour Dior rehausse un modèle d'un imprimé "We should all be feminists" ("Tout le monde devrait être féministe"), reprenant une citation de l'auteure nigériane Chimamanda Ngozi Adichie.

Dior pap printemps-été 2017, à Paris © Ik Aldama / DPA Dior pap printemps-été 2017, à Paris © Ik Aldama / DPA

 

Par Culturebox (avec AFP)

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