L'écrivain Nicolas Mathieu lors de la remise du prix Goncourt 2018
L'écrivain Nicolas Mathieu lors de la remise du prix Goncourt 2018 © Manon Botticelli

Les jury Goncourt et Renaudot priment trois jeunes talents

Mis à jour le 07/11/2018 à 20H09, publié le 07/11/2018 à 19H14

Nicolas Mathieu, Valérie Manteau et Olivia de Lamberterie, tous trois ont reçu un prix Goncourt ou Renaudot ce mercredi 7 novembre. Ces nouveaux talents de la littérature française ont le point commun de n'en être qu'à leur premier ou deuxième livre publié. Reportage au restaurant Drouant.

Quel est le point commun entre Nicolas Mathieu, Valérie Manteau et Olivia de Lamberterie ? Ils ont tous les trois été primés ce mercredi par les prix Goncourt, Renaudot et Renaudot essai. Mais encore ? Ils n'en sont tous les trois qu'à leur deuxième, voire premier livre. De "jeunes talents" donc. "C'est un auteur nouveau, c'est un auteur jeune", a commenté Bernard Pivot, président du jury Goncourt, après l'annonce de la remise du prix à Nicolas Mathieu.

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Le Goncourt et le Renaudot remportés dès le 2e roman

"Les enfants après eux", lauréat du Goncourt 2018, n'est que le deuxième roman de Nicolas Mathieu. Un récit qui suit un groupe d'adolescents des années 1990, vivant dans un bassin sidérurgique délaissé. Une seconde oeuvre saluée par la critique et qui a su convaincre le très exigeant jury Goncourt. Son premier livre, "Aux animaux la guerre" (Actes Sud), publié en 2014, a récemment a été adapté en série. Elle sera diffusée sur France 3 à partir du 15 novembre.

A 40 ans, ce nouveau talent littéraire ne vit pas encore de sa plume. L'auteur travaille actuellement chez Atmo Grand Est, l'organisme qui se charge des relevés de la qualité de l'air dans sa région. Celui qui s'est découvert très jeune une vocation d'écrivain a enchaîné toute sa vie les petits boulots. "A 30 ans passés je donnais des cours pour Acadomia, j'ai bossé à la mairie de Paris, j'ai fait des piges, écrit des scénarios qui n'ont jamais abouti…", explique-t-il. La voie vers le Goncourt n'est tout de même pas un long fleuve tranquille. 

Valérie Manteau, qui a reçu le Renaudot pour son roman "Le sillon" (Le Tripode), en est aussi à sa deuxième publication. L'annonce de sa victoire fut une petite surprise, car la romancière ne figurait pas dans la liste des finalistes pour ce prix. Son livre dresse le portrait d'une Turquie bouleversée entre l'assassinat en 2007 de Hrant Dink, un journaliste d'origine arménienne, et la défaite de la révolte de la place Taksim. Le jury Renaudot voulait primer Philippe Lançon, mais il a été pris de court par le prix Femina attribué au roman "Le lambeau" (Gallimard) en début de semaine. Du coup un "prix spécial" a été remis à l'auteur victime des attentats de Charlie Hebdo. 

Une primo-essayiste pour le Renaudot

En arrivant au point presse, au fond du restaurant Drouant où se tenait l'événement, Olivia de Lamberterie prend une vidéo du parterre de journaliste qui lui fait face. "J'ai l'impression que tout ça arrive à quelqu'un d'autre et je me réjouis pour cette personne", s'exclame-t-elle.

Olivia de Lamberterie, lauréate du Renaudot essai 2018, immortalise le parterre de journalistes qui lui fait face. © Manon Botticelli Olivia de Lamberterie, lauréate du Renaudot essai 2018, immortalise le parterre de journalistes qui lui fait face. © Manon Botticelli


La critique littéraire et journaliste a été primée du Renaudot essai pour "Avec toutes mes sympathies" (Stock), un texte qui parle de la perte de son frère Alex. "C'est mon premier livre, un livre particulier car j'ai décidé de le faire après le suicide de mon frère. C'est à lui que je pense et il aurait été très heureux d'être le roi d'un jour et même le roi d'une année", confie-t-elle à propos de son essai qui exprime selon elle "comment garder les morts dans nos vies". Cet événement tragique a été le moteur d'une nouvelle ambition littéraire. Un travail qui n'a pas été toujours facile à mener. "Ecrire, c'était comme escalader une montagne avec des tongs, mais je n'ai pas abandonné."

"Le sens de ma vie, c'est de continuer à écrire"

Pour Nicolas Mathieu, ce deuxième roman lui a permis d'évoluer en tant qu'écrivain : "Je me suis autorisé des choses que je ne m'étais pas permises dans mon précédent roman. Je racontais une histoire avec des personnages, des situations, des actions qui donnent à penser. Pour 'Les enfants après eux' je me suis permis de penser moi-même."
 
Une maturation qui va se poursuivre, car ces premières œuvres ne seront sans doute pas les dernières pour Olivia de Lamberterie comme pour Nicolas Mathieu. "Le sens de ma vie c'est de continuer à écrire, explique ce dernier. Le Goncourt n'est pas le sommet de la montagne, tout reste à faire. Mon objectif c'est de persévérer." Les deux lauréats ont d'ailleurs annoncé travailler sur un nouveau livre. Peut-être un nouveau prix littéraire à venir ?

Par Manon Botticelli

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