Maryse et Georges Wolinski
Maryse et Georges Wolinski © France 3 Culturebox Capture d'écran

Wolinski intime : rencontre avec Maryse, son épouse, quatre ans après l'attentat

Mis à jour le 08/01/2019 à 11H51, publié le 08/01/2019 à 11H28

Quatre ans après le massacre commis chez Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, le souvenir des victimes reste prégnant. C'est le cas de Georges Wolinski, 80 ans au moment de l'attentat. Sa veuve, Maryse, vit dans le souvenir du dessinateur de presse avec qui elle a vécu 47 ans. Elle espère changer un peu son image, un peu trop grivoise à son goût avec le recueil "Les Falaises" (Seuil).

L'attentat du 7 janvier 2015 n'a pas tout effacé, c'est bien comme ça et c'est aussi la défaite de ceux qui l'ont commis. Georges Wolinski, l'une des 11 victimes assassinées dans les locaux de l'hebdomadaire satirique (un policier le sera quelques instants plus tard à proximité des locaux du journal) avait 80 ans et une longue carrière de dessinateur de presse derrière lui. Ses dessins ont accompagné des générations de lecteurs de Charlie mais aussi de Hara Kiri, France Soir, L'Humanité, l'Enragé et même Paris Match.

J'étais traversée par une espèce de foudre, dans tout mon corps. Et je me souviens que je me suis dit : "Tu n'auras plus la même vie"

Maryse Wolinski évoquant le 7 janvier 2015

Depuis quatre ans sa veuve, Maryse, continue de vivre avec lui, ou plutôt avec son absence. Dans son nouvel appartement, il est partout, en photo, en dessins, dans ses petits mots laissés au quotidien à son épouse et dans les objets qui leur appartenaient.

Reportage : M. Berrurier / L. Bignalet / D. Fuet / F. Fontaine

Si Wolinski dessinait souvent des obsédés sexuels courant après des jeunes filles court vêtues et à la vertu évanescente, il était bien plus réservé dans sa vie privée. C'est cette image que Maryse Wolinski voudrait susciter en témoignant aujourd'hui sur la vie de son mari. Une vie qu'elle a partagée pendant 47 ans. Elle a donc retrouvé des dessins inédits de son mari. Des dessins plus sérieux ou plus tendres que grivois. Elle les publie aujourd'hui.

Il faut montrer une autre facette de Georges, plutôt que celle du dessinateur, de l'humoriste qui dessinait des petites femmes

Maryse Wolinski

En 1984, sur un plateau de télévision avec Bernard Pivot, le réputé sémillant Jean d'Ormesson confondant l'auteur et ses personnages demandait à Wolinski : "Quand vous sautez une fille, ça vous amuse encore ou vous croyez que vous êtes au bureau ? ", Wolinski, répondait du tac au tac : "Je ne saute pas une fille, je fais l'amour avec ma femme". Tout Wolinski est dans cet échange. Tout d'Ormesson aussi, peut-être.

"Les Falaises" de Wolinski. Editions du Seuil

Par Jean-Francois Lixon

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