Beate et Serge Klarsfeld, une photo de l'exposition de Nice
Beate et Serge Klarsfeld, une photo de l'exposition de Nice © France 3 Culturebox Capture d'écran

Beate et Serge Klarsfeld, les chasseurs de nazis au cœur d'une exposition à Nice

Mis à jour le 09/01/2019 à 13H41, publié le 09/01/2019 à 12H07

Jusqu'au 27 janvier 2019, le musée Masséna de Nice accueille "Beate et Serge Klarsfeld, les combats de la Mémoire 1968-1978", une exposition conçue et réalisée par le Mémorial de la Shoah.

Entre 1941 et 1944, la famille Klarsfeld trouve refuge à Nice, fuyant les persécutions nazies envers les Juifs. En 1943, le petit Serge âgé de 8 ans parvient à échapper à la Gestapo. Son père n'a pas la même chance et disparaîtra à Auschwitz-Birkenau. Devenu avocat, Serge et son épouse Beate décideront de chasser les nazis qui vivent en toute impunité après la fin de la deuxième guerre. Couple inattendu quand on sait que, de son côté, Beate vient d'une famille allemande, elle est la fille d'un soldat de la Wehrmacht. L'exposition de Nice revient sur une décennie importante de la carrière des deux époux dans leur traque des criminels de guerre.

Je ne tolère pas qu’un ancien nazi puisse devenir chancelier. Je l’ai giflé pour le marquer et pour faire savoir au monde entier qu’il y a des Allemands qui refusent cette honte

Beate Klarsfeld dans "Mémoires"

En 1968, la jeune femme devient mondialement connue en giflant publiquement Kurt Kiesinger (à ne pas confondre avec le secrétaire d'Etat américain mais d'origine allemande Henry Kissinger). Ancien nazi, Kiesinger, chancelier depuis 1966, fait alors campagne pour sa réélection. L'action des Klarsfeld porte ses fruits puisque l'élection de 1969 portera au pouvoir un nouveau chancelier, l'ancien résistant Willy Brandt. L'un de ses premiers actes sera de gracier Beate Klarsfeld poursuivie pour la gifle. 

L'exposition Beate et Serge Klarsfeld à Nice

Le procès de Cologne

La période évoquée par l'exposition se referme en 1978, juste avant que se tienne à Cologne le procès de trois autres anciens nazis démasqués par les Klarsfeld, Ernst Heinrichsohn, Kurt Lischka et Herbert Hagen.

Heinrichsohn, retrouvé alors qu'il est maire d'une petite ville a participé à la rafle du Vel d'Hiv. Il était adjoint du chef de la Gestapo de Paris. Il fut l'adjoint de Lischka qui fit de la Gestapo parisienne une organisation de mort et de traque des Juifs très efficace. Proche collaborateur de Eichmann, le SS Hagen participa à de nombreuses exactions contre les Juifs et les Résistants. Il s'occupa notamment de rafles à Paris et à Bordeaux. A l'issue du procès de Cologne, Heinrichsohn a été condamné à six ans de prison, Lischka à dix ans et Hagen à douze. Tous mourront tranquillement à un âge avancé et après avoir purgé leur peine.
 

Méditez ce verset de l'Ecclésiaste "c'est parce que l'on tarde à juger les coupables que le mal se répand sur la terre.

Beate Klarsfeld dans "Mémoires"


Parmi les autres personnes impliquées dans les atrocités de l'occupation, Maurice Papon, Paul Touvier, René Bousquet et Klaus Barbie doivent aux efforts de Beate et Serge Klarsfeld d'avoir été démasqués et pour certains d'être passés en jugement et condamnés.

Serge Klarsfeld a aujourd'hui 83 ans et Beate 79.

Par Jean-Francois Lixon

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