Mia Waskowska et Robert Pattinson dans "Damsel" de David et Nathan Zellner, en compétition à la Berlinale : le film est présenté comme un western "féministe". 
Mia Waskowska et Robert Pattinson dans "Damsel" de David et Nathan Zellner, en compétition à la Berlinale : le film est présenté comme un western "féministe".  © Strophic Productions Limited

Berlinale : cinq choses à retenir sur un festival marqué par l'affaire Weinstein

Mis à jour le 15/02/2018 à 10H44, publié le 12/02/2018 à 14H36

La Berlinale, premier grand festival de cinéma en Europe organisé depuis les accusations d'abus sexuels contre le producteur de Hollywood Harvey Weinstein, débute jeudi avec 400 nouveaux films et déjà une première controverse liée à la campagne "#MeToo".

Les organisateurs de la Berlinale ont promis de promouvoir la diversité - 4 des 19 films en compétition ont été réalisés par des femmes - et ont indiqué d'emblée avoir écarté plusieurs cinéastes accusés d'abus sexuels.
 
Le cinéaste américain Wes Anderson lancera la course pour décrocher l'Ours d'or avec le long métrage d'animation "Isle of Dogs", interprété par Bryan Cranston, Bill Murray, Jeff Goldblum et Greta Gerwig, tous étant attendus à Berlin sur le tapis rouge.

L'ÎLE AUX CHIENS Bande Annonce ✩ Wes Anderson, Animation (2018)

 
Voici cinq choses à retenir sur le festival :
 
1
#MeToo : des films exclus de la sélection après des abus sexuels

Le directeur du festival, Dieter Kosslick, veut organiser un "forum" pour discuter des "changements concrets" à apporter sur le traitement des femmes dans l'industrie du cinéma, après la résonance internationale du mouvement #MeToo.
 
Il a indiqué avoir exclu de la sélection plusieurs films car leurs réalisateurs, acteurs ou personnes liées à la production étaient l'objet d'accusations jugées crédibles d'abus sexuels.
 
Mais à la veille du festival une actrice sud-coréenne a critiqué les organisateurs pour avoir invité le réalisateur Kim Ki-Duk. Elle a accusé ce dernier de l'avoir giflée et forcée à tourner des scènes de sexe improvisées alors qu'elle travaillait sur son film "Moebius". La Berlinale a dit "attendre des informations détaillées".

Isabelle Huppert dans "Eva" de Benoît Jacquot : la bande annonce


2
Les femmes au premier rang

Les femmes vont jouer les premiers rôles. L'actrice française Isabelle Huppert sera en haut de l'affiche pour l'adaptation par Benoît Jacquot du roman "Eva", un thriller où elle incarne une femme fatale qui fait irruption dans la vie d'un écrivain prometteur.
 
Claire Foy, héroïne dans la série américano-britannique "The Crown", où elle incarne la reine Elisabeth II, est attendue sur "Unsane", tourné avec un iPhone par Steven Soderbergh. Dans ce conte hitchcockien, une femme se bat pour retrouver sa liberté après avoir été internée contre sa volonté dans un asile psychiatrique.
 
"Damsel" de David et Nathal Zellner, présenté comme un western féministe, dépeint l'acteur Robert Pattinson en cow-boy maladroit espérant sauver sa bien-aimée (Mia Wasikowska).
 
Le biopic "Becoming Astrid", réalisé par la Danoise Pernille Fischer Christensen, se penche les premières années difficiles de la vie d'Astrid Lindgren, l'auteure de "Fifi Brindacier", et la manière dont elle en a été inspirée pour créer ce personnage culte de la littérature enfantine.

3
Des stars derrière la caméra

Les acteurs rêvent souvent de prendre la place du réalisateur. Deux d'entre eux vont pouvoir montrer leurs prouesses derrière la caméra à Berlin.
 
Le Britannique Rupert Everett, pionnier du cinéma gay, a écrit et réalisé "The Happy Prince", un biopic sur les derniers jours d'Oscar Wilde.
 
Un autre acteur britannique, Idris Elba, souvent considéré comme le futur premier James Bond noir, sera à Berlin avec "Yardie", une plongée dans l'univers des vendeurs de drogue jamaïcains à Londres. 

"7 Days in Entebbe" de José Padilha, la bande annonce


4
Des sujets d'actualité
Le Brésilien Jose Padilha présentera "7 Days in Entebbe", avec en vedette les acteurs Rosamund Pike et Daniel Bruehl. Le film relate l'opération israélienne de libération d'otages après le détournement d'un avion d'Air France par l'OLP en 1976.
 
Le film norvégien "U - 22 juillet" d'Erik Poppe, en compétition, fait revivre du point de vue de ses 77 victimes le massacre perpétré en 2011 par le néo-nazi Anders Behring Breivik.
 
"Musée", avec Gael Garcia Bernal, dépeint le cambriolage d'anciens objets d'art inestimables du Musée National d'Anthropologie de Mexico dans les années 1980. 
5
Une touche sociale
La Berlinale a toujours tenu à soigner sa réputation de festival socialement engagé. Les organisateurs ont prévu un événement à la prison de Tegel, dans le nord de Berlin, où sera projeté pour les détenus le film "The Silent Revolution" de Larse Kraume, basé sur une histoire peu connue de manifestations contre le régime communiste de RDA.
 
Et aux dizaines de milliers de demandeurs d'asile arrivés dans la capitale allemande depuis 2015, la Berlinale va offrir des stages et des billets de cinéma pour adultes et enfants.

Par Culturebox (avec AFP)

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