"Miraï, ma petite soeur" de Mamoru Hosoda
"Miraï, ma petite soeur" de Mamoru Hosoda © 2018 STUDIO CHIZU

"Miraï, ma petite sœur" : un conte animé japonais sur une enfance initiatique

Mis à jour le 26/12/2018 à 9H08, publié le 26/12/2018 à 9H06

Depuis "Les Enfants loups, Ame et Yuki" (2012) suivi de "Le Garçon et la bête" (2015), Mamoru Hosoda est devenu la coqueluche de l’animation japonaise, après Hayao Miyazaki. Son nouvel opus "Miraï, ma petite sœur" confirme son talent et son inventivité, même si l’on n’est pas dans les hautes sphères du réalisateur de "Princesse Mononoké" et du "Voyage de Chihiro".

la note culturebox

3
3/5


Leçons de vie

Le sujet de "Miraï, ma petite sœur", la famille, est au cœur de la société japonaise qui relève d’une codification stricte, comme beaucoup d’autres aspects du mode de vie nippon. Raison pour laquelle la Palme d’or du dernier Festival de Cannes, "Une affaire de famille" de Kore-eda, a été rejetée par les spectateurs japonais, car contraire aux codes de la vie familiale au Japon. Tout le contraire de "Miraï, ma petite sœur" où un petit garçon va devoir faire un apprentissage sur lui-même pour accepter l’arrivée d’une petite sœur dans sa vie.

"Miraï, ma petite soeur" : la bande annonce

Kun a environ quatre ans quand sa maman revient de la maternité avec sa petite sœur dans les bras, Miraï (avenir en japonais). Lui qui était au centre de la vie familiale, n’accepte pas cette nouvelle arrivante qui lui vole la vedette et l’amour exclusif de ses parents. Au fond du jardin, il découvre un arbre "généalo-ma-gique" qui va le propulser dans un univers parallèle où Miraï va venir à lui adolescente, sa maman, petite fille, son père jeune homme, et son arrière-grand-père lors de sa folle jeunesse, puis traumatisée par la guerre. Tous vont lui donner une leçon de vie pour qu’il accepte Miraï.

Passé, présent, futur

Les conflits fraternels sont un classique de la vie familiale avec au cœur la jalousie. Le meilleur de "Miraï, ma petite sœur" réside dans cette idée de l’arbre "généalo-ma-gique" qui mêle présent, passé et futur pour que Kun passe le cap de ce sentiment égoïste. Ces rencontres magiques sont autant d’enseignements formateurs où l’enfant va intégrer la maturité correspondant à son âge, pour laisser de côté ses enfantillages qui empoisonnent l’équilibre du foyer, lui-même et sa sœur.

"MIraï, ma petite soeur" de Mamoru Hosoda © 2018 STUDIO CHIZU "MIraï, ma petite soeur" de Mamoru Hosoda © 2018 STUDIO CHIZU

Ce parcours initiatique, comme toute initiation, ne se fera pas sans mal, mais aussi avec poésie. Mamoru Hosoda, qui a écrit le scénario, s’avère un traducteur fidèle du monde de l’enfance en évitant toute mièvrerie. En parallèle, les rapports entre père et mère, ceux avec leurs enfants, font vivre de l’intérieur la famille japonaise. Les qualités esthétiques de "Miraï, ma petite sœur" inspirent toutefois plus de réserves, et la comparaison un peu systématique entre Hosoda et Miyazaki s’arrête là.

"Miraï, ma petite soeur" : l'affiche © Wild Bunch Distribution "Miraï, ma petite soeur" : l'affiche © Wild Bunch Distribution

LA FICHE

Genre : Animation
Réalisateur : Mamoru Hosoda  
Pays : Japon 
A partir de 6 ans
 Durée : 1h38
Sortie : 26 décembre 2018

Synopsis : Kun est un petit garçon à l’enfance heureuse jusqu’à l’arrivée de Miraï, sa petite sœur. Jaloux de ce bébé qui monopolise l’attention de ses parents, il se replie peu à peu sur lui-même. Au fond de son jardin, où il se réfugie souvent, se trouve un arbre généalo-ma-gique. Soudain, Kun est propulsé dans un monde fantastique où vont se mêler passé et futur. Il rencontrera tour à tour ses proches à divers âges de leur vie : sa mère petite fille, son arrière grand-père dans sa trépidante jeunesse et sa petite sœur adolescente ! A travers ces aventures, Kun va découvrir sa propre histoire.

Par Jacky Bornet

@Culturebox

Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox

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