"La Passion Van Gogh" de Dorota Kabiela et Hugh Welchman
"La Passion Van Gogh" de Dorota Kabiela et Hugh Welchman © La Belle Company

"La Passion Van Gogh" : les tableaux du peintre animés dans un biopic habité

Mis à jour le 11/10/2017 à 12H59, publié le 09/10/2017 à 13H54

Co production anglo-polonaise, "La Passion Van Gogh" visualise à l’écran les vibrations des toiles du peintre. Quasi novices, les auteurs, Dorota Kabiela et Hugh Welshman tiennent le pari de réaliser un film d’animation calqué sur la peinture de Van Gogh en racontant les derniers jours de sa vie, sur le mode d’une enquête autour des mystérieuses circonstances de sa mort.

la note culturebox

4
4/5


Vibrations

L’on a coutume de croire que Van Gogh s’est suicidé dans le "Champ aux corbeaux" près d’Auvers-sur-Oise, qu’il venait de peindre. Par le récit du fils d'un postier porteur d’une lettre, "La Passion Van Gogh" révèle qu’aucun effet du peintre, ni aucune arme n’ont été retrouvés sur place. Une enquête quasi-policière s'enchaîne, prétexte à l'évocation de son génie, sa souffrance, sa vie, son oeuvre, par ceux qu'il a connus et pour la plupart, peints.

"La Passion Van Gogh" : la bande annonce

Tous les protagonistes de l’histoire ont été portraitisés par Van Gogh. Dorota Kabiela et Hugh Welshman les représentent tous dans son style incomparable, et interprètent tout autant la variété thématique de ses toiles, les volutes paysagères ou d'intérieurs, pour raconter les dernières semaines de l’artiste. Dans un subtil va et vient entre des scènes en couleurs et noir et blanc, le film alterne enquête et retours en arrière.

"La passion Van Gogh" de Dorota Kabiela et Hugh Welchman © La Belle Company "La passion Van Gogh" de Dorota Kabiela et Hugh Welchman © La Belle Company

Tout Van Gogh

La mise en images est l’atout du film, tant la ressemblance est forte entre l’œuvre originale et sa transposition, clairvoyante, comme si l’artiste l’avait réalisé lui-même. L’identification est totale. Ils sont venus, ils sont tous là, Armand Roulin (l’enquêteur) et son père (le postier), le docteur Gachet et sa fille, le batelier, Adeline Ravoux, de l’hôtel où mourut le peintre, le père Tanguy, Louise Chevalier… Mais c’est tout le film qui évoquent ses toiles : les champs de blé, les ciels étoilés, la chambre de Vincent, le billard, l’église d’Auvers…

"La passion Van Gogh" de Dorota Kabiela et Hugh Welchman © La Belle Company "La passion Van Gogh" de Dorota Kabiela et Hugh Welchman © La Belle Company

Si l’idée d’évoquer le peintre par l’intermédiaire d’Armand Roulin, sous le couvert d’une enquête fictive pour découvrir les circonstances de la mort du peintre, est bonne, elle est moins convaincante dans son développement. Les auteurs ont moins le sens du récit que du visuel. Trop délayée, la narration manque de rythme et l’on se laisse plus porter par l'image que par la dramaturgie. Si l’on n’y perd pas au change, plus de tonus, de raccourcis n’auraient rien gâché à l’affaire. 

Reportage Elisabeth de Pourquery

https://videos.francetv.fr/video/NI_1095167@Culture

LA FICHE

Genre : Biopic / Animation
Réalisateur : Dorota Kabiela et Hugh Welshman
Pays : Grande-Bretagne / Pologne
Acteurs : (voix françaises) Pierre Niney, Chloé Berthier, Gabriel Le Doze, Xavier Fagnon, Danièle Douet, Delphine Rivière, Gérard Boucaron, François Delaive 
Durée : 1h35
Sortie : 11 octobre 2017

Synopsis : Paris, été 1891, Armand Roulin est chargé par son père, le facteur Joseph Roulin, de remettre en mains propres une lettre au frère de Vincent van Gogh, Theo. En effet, la nouvelle du suicide du peintre vient de tomber. Armand, peu enchanté par l’amitié entre son père et l’artiste, n’est pas franchement ravi par sa mission. À Paris, le frère de Van Gogh est introuvable. Le jeune homme apprend alors par Père Tanguy, le marchand de couleurs du peintre, que Theo, visiblement anéanti par la disparition de son frère aîné, ne lui a survécu que quelques mois. Comprenant qu’il a sans doute mal jugé Vincent, Armand se rend à Auvers-sur-Oise, où le peintre a passé ses derniers mois, pour essayer de comprendre son geste désespéré. En interrogeant ceux qui ont connu l’artiste, il découvre combien sa vie a été surprenante et passionnée. Et que sa vie conserve une grande part de mystère. 

Par Jacky Bornet

@Culturebox

Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox

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