"Dilili à Paris" de Michel Ocelot
"Dilili à Paris" de Michel Ocelot © Nord-Ouest Films

"Dilili à Paris" : le nouveau film d'animation capital de Michel Ocelot

Mis à jour à 12h10, publié le 08/10/2018 à 10H54

Après la jungle africaine de "Kirikou" et les contes orientaux d’"Azur et Asnar", Michel Ocelot visite le Paris de la Belle Epoque accompagné d’une petite franco-kanake dans "Dilili à Paris". Une fable qui, à travers une enquête policière, va à la rencontre des célébrités d’un temps révolu, avec son art unique de l’animation à la fois merveilleux, éducatif, et entraînant.

la note culturebox

4
4/5


Who’s Who de la Belle Epoque

Michel Ocelot nous a habitués jusqu’ici à l’exotisme. On ne l’attendait pas au détour des rues parisiennes des années 1900. Il reste attaché à son domaine de prédilection avec sa petite héroïne, Dilili, princesse kanake, né d’un père français et d’une reine néo-calédonienne exposée dans un "zoo humain" comme ils en florissaient en occident dans les années du colonialisme triomphant, sur lesquels Arte vient de diffuser un documentaire édifiant.

"Dilili à Paris" : la bande annonce

Dilili est la protégée d’une grande bourgeoise parisienne et rencontre un jeune livreur en triporteur qui lui offre de découvrir Paris. La capitale est alors la proie du gang des Mâles-Maîtres qui enlève les petites filles de la capitale. Tous deux vont mener l’enquête en s’alliant aux célébrités de l’époque : Marie Curie, Pasteur, Louise Michel, la cantatrice Emma Calvé, les peintres Monet, Renoir, Toulouse-Lautrec, Marcel Proust, Sarah Bernhardt…

Féministe

Sur ce canevas qui renvoie aux "Mystères de Paris" d’Eugène Sue et aux "Vampires" de Louis Feuillade, Michel Ocelot construit un récit bondissant où l’on croise aussi les inventions d’un Jules Verne et l’héroïsme de l’aviateur Augusto de Chaumont. "Dilili à Paris" n’est pas seulement prétexte à un passage en revue des célébrités de la Belle Epoque, mais une aventure palpitante doublée d’un fort message féministe, naissant à ce tournant des XIXe et XXe siècles.

"Dilili à Paris" de Michel Ocelot © Nord-Ouest Films "Dilili à Paris" de Michel Ocelot © Nord-Ouest Films

On y retrouve la patte unique de Michel Ocelot, avec ses aplats de couleurs vives, ses ambiances chatoyantes et son talent de conteur. Ses décors parisiens sont issus de photographies retravaillées, sur lesquelles sont insérés les personnages animés, ce qui peut créer une dissonance graphique, mais les images n’en restent pas moins fort belles. Les personnages sont vivants et l’intrigue passionnante. "Dilili à Paris" tend une corde de plus à l’arc de ce magicien du film pour enfants où les parents trouvent aussi leur compte. 

"Dilili à Paris" : l'affiche © Mars Films "Dilili à Paris" : l'affiche © Mars Films

LA FICHE

Genre : Animation
Réalisateur : Michel Ocelot
Pays : France / Belgique / Allemagne
Durée : 1h35
A partir de 6 ans
Sortie : 10 octobre 2018

Synopsis : Dans le Paris de la Belle Époque, en compagnie d’un jeune livreur en triporteur, la petite kanake Dilili mène une enquête sur des enlèvements mystérieux de fillettes. Elle rencontre des hommes et des femmes extraordinaires, qui lui donnent des indices. Elle découvre sous terre des méchants très particuliers, les Mâles-Maîtres. Les deux amis lutteront avec entrain pour une vie active dans la lumière et le vivre-ensemble… 

Par Jacky Bornet

@Culturebox

Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox

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