Les Aurès en 1935. Germaine Tillion avait conservé 1500 négatifs photos de ses missions en Algérie.
Les Aurès en 1935. Germaine Tillion avait conservé 1500 négatifs photos de ses missions en Algérie. © association Germaine Tillion

L'Algérie des années 30 dans l'objectif de Germaine Tillion l’ethnologue

Mis à jour le 14/03/2019 à 11H02, publié le 14/03/2019 à 10H29

Grande figure de la Résistance, Germaine Tillion était ethnologue et a entretenu toute sa vie des liens étroits avec l'Algérie. Une sélection de ses photos prises notamment en Kabylie est exposée jusqu’au 29 mars à la Médiathèque d'Orléans.

On connait surtout son passé de résistante, déportée à Ravensbruck. On connait moins son métier d'ethnologue. En 1935, à 28 ans, Germaine Tillion part en mission pour plusieurs années en Algérie dans l'Aurès. Elle y apprend le berbère, parcourt la région à cheval, porte des pantalons et surtout prend des photos. 

Reportage France 3 Centre-Val de Loire B. Du Faÿ / G. Soudat / M. Dubois

https://videos.francetv.fr/video/NI_1374497@Culture

Les clichés exposés à la médiathèque d'Orléans donnent à voir une sociéte traditionnelle encore préservée. "Germaine Tillion travaillait avec un Rolleiflex, un appareil qu'on a devant soi sur le ventre, et elle faisait des photos carrées", explique le journaliste Gérard Poitou. "Ce format correspondait à une démarche scientifique. Ce que je trouve extraordinaire dans ces photos c'est qu'elle est capable au travers d'une démarche assez peu artistique, de remettre de l'émotion humaine."

Liens étroits avec l'Algérie

Ses missions dans l'Aurès dureront jusqu'en 1940. Un parcours plutôt osé pour une femme d'une trentaine d'années qui n'a pas peur de voyager seule dans un pays d'hommes. "C'était une femme forte" raconte admirative Thérèse de la Fournière. Elle est membre de l'association Germaine Tillion, chargée de protéger et de mettre en valeur l'oeuvre et les archives de l'ethnologue. "Je l'ai rencontrée à deux ou trois reprises, elle en imposait de prime abord. Elle était extrêmement décidée. On sentait qu'il y avait quelqu'un en face de soi. Elle observait beaucoup."

Toute sa vie durant, Germaine Tillion aura eu un lien particulier avec l'Algérie. A partir de 1954, alors qu'éclate la guerre d'indépendance, elle luttera contre la misère et le terrorisme mais aussi contre la torture et les exécutions. A travers ses clichés, on devine l'immense compassion d'une femme pour ses semblables.

Par Ariane Combes-Savary

@Culturebox

Aimez notre page Facebook
pour suivre toute
l'actualité culturelle