"Roukiata Tombe Le Masque" est le troisième spectacle de l'humoriste de 37 ans.
"Roukiata Tombe Le Masque" est le troisième spectacle de l'humoriste de 37 ans. © erwan Rogard

Mon été à Paris : avec Roukiata Ouedraogo, l'inspiration se trouve en forêt

Mis à jour à 10h38, publié le 02/09/2017 à 10H37

Série d’été (5/5) : pendant le mois d’août, Culturebox va à la rencontre d’artistes pour parler de leurs activités d’été à Paris. Expos, concerts, théâtre, ils racontent tout de cette saison si particulière. Dernière rencontre avec Roukiata Ouedraogo, humoriste et comédienne, qui était sur les planches du Point Virgule tout l’été pour son troisième spectacle : “Roukiata tombe le masque.”

Voilà 17 ans que Roukiata Ouedraogo est arrivée dans la capitale, mais Paris continue à surprendre l’humoriste : “Il y a encore des choses qui m’interpellent, comme cette manie de ne pas se dire bonjour entre voisins… Et j’essaie justement de ne pas perdre ce côté ‘découverte’.”

Moquer les travers des Parisiens

Retour en arrière : janvier 2000, Roukiata Ouedraogo a 20 ans. Elle atterrit à Roissy, depuis son Burkina Faso natal, des rêves de comédie plein la tête. A la descente de l’avion, premier choc : “Le froid !”. Puis, dans les rues de Paris : “Tout le monde était habillé en noir... et bien sûr, presque tout le monde était blanc”, se rappelle-t-elle dans un rire, avant de poursuivre : “mais ce qui m’a choquée aussi, c’est de voir tous ces petits vieux faire leurs courses tout seuls… Ca m’a fait mal de voir ça, je me suis dit : ‘Mais ils n’ont pas de famille pour s’occuper d’eux ?’”

Ce regard acerbe et décalé sur la société nourrit l’univers de Roukiata Ouedraogo. Dans son troisième spectacle, “Roukiata tombe le masque”, l’humoriste s’amuse à comparer ses deux patries, le Burkina Faso et la France. Avec finesse et facéties, elle croque leurs défauts en puisant dans son parcours personnel. Pleine d’autodérision, elle n’hésite pas à passer d’un sujet léger (le froid parisien, les castings) à d’autres plus sombres (le racisme, son excision), sans jamais tomber dans le pathos.

Des balades du XIe à Château Rouge

Cet été, Roukiata est donc montée, chaque mercredi, sur les planches du Point Virgule, au coeur du Marais (IVe arrondissement), pour son seule-en-scène. La comédienne, passée par le Cours Florent, est une habituée des étés parisiens. Pour elle, la saison est synonyme de culture : faire des expositions, aller au cinéma, chiner aux puces de Saint-Ouen… Autant de loisirs qu’elle multiplie lors de la belle saison.

Férue de marche, Roukiata Ouedraogo a arpenté certains quartiers de la capitale : “J’adore le XIe, où j’ai longtemps habité quand je suis arrivée à Paris. J’aime les café-concerts, les petits restos… J’ai aussi redécouvert le Marais, un quartier vivant, très festif ! Quand je sortais de mon spectacle, vers 22h15, il y avait toujours du monde dans les bars du coin.”

La rue est une source d’inspiration permanente pour l’humoriste, qui prend en note ce qu’elle observe durant ses balades. Un quartier, en particulier, l’a marquée : Château Rouge. Situé dans le XVIIIe, le quartier africain de la capitale était au coeur de son précédent spectacle. “Quand tu débarques à Paris, en tant qu’Africain, tu ne t’attends pas à trouver un tel endroit. Il y a de tout ! Des légumes, des épices que je trouvais chez moi, à Ouagadougou... et même des choses que je n’arrivais pas à trouver là-bas. C’est aussi dans ce quartier que je venais me faire coiffer”, raconte-t-elle.

La nature comme lieu de création

Désormais, Roukiata s’est éloignée du tumulte parisien pour s’installer avec sa famille près de Fontainebleau. Là, elle a trouvé son rituel : “Je vais dans la forêt pour trouver l’inspiration. La marche est très importante pour moi, ça me permet de me vider la tête : je suis coupée de tout ce que je connais. C’est ici que j’arrive à écrire mes chroniques et mes sketchs.” Privée de trêve estivale, c'est donc dans la nature que Roukiata a pu se ressourcer cet été, avant d'attaquer la rentrée, toujours avec le sourire.

Roukiata Ouedraogo sera chroniqueuse pour l'émission "Par Jupiter" (France Inter) à partir du 10 septembre. 
"Roukiata tombe le masque". Prochaines dates : 7, 13 et 14 octobre 2017, 19h, au Point Virgule (tarif : 20€). Le 4 novembre au Théâtre d'Etampes (91).


Par Elise Koutnouyan

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