Les chefs d'États et de gouvernement réunis à la conférence d'Abou Dhabi pour la préservation du patrimoine en péril, le 3 décembre 2016
Les chefs d'États et de gouvernement réunis à la conférence d'Abou Dhabi pour la préservation du patrimoine en péril, le 3 décembre 2016 © Stéphane de Sakutin / AFP

La conférence d'Abou Dhabi s'engage pour la préservation du patrimoine en péril

Mis à jour le 06/12/2016 à 6H30, publié le 03/12/2016 à 12H09

Sous l'impulsion de Paris et d'Abou Dhabi, une conférence internationale réunissant des représentants d'une quarantaine d'États et d'institutions privées s'est engagée samedi à créer un fonds financier et un réseau de refuges pour protéger le patrimoine en péril en période de conflit.

Ces deux engagements sont contenus dans la "Déclaration d'Abou Dhabi", adoptée par consensus en présence du président français François Hollande, de l'homme fort des Émirats arabes unis Mohammed ben Zayed Al-Nahyane et de la directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova.

Réunie depuis vendredi, la conférence d'Abou Dhabi a été convoquée à la suite d'une série de destructions commises ces dernières années par des jihadistes en Irak, en Syrie, au Mali et en Afghanistan.

"Un fonds international pour la protection du patrimoine culturel en péril"

"Nous nous engageons à poursuivre deux objectifs ambitieux et pérennes pour garantir la mobilisation de la communauté internationale en faveur de la sauvegarde du patrimoine", affirme la déclaration approuvée par les participants. D'une part, "la constitution d'un fonds international pour la protection du patrimoine culturel en péril en période de conflit armé, qui permettrait de financer des actions préventives ou d'urgence, de lutter contre le trafic illicite de biens culturels, ainsi que de participer à la restauration de biens culturels endommagés".

"Création d'un réseau international de refuges"

D'autre part, "la création d'un réseau international de refuges pour sauvegarder de manière temporaire les biens culturels mis en péril par les conflits armés ou le terrorisme, sur leur territoire, (...) dans un pays limitrophe, ou, en dernier ressort, dans un autre pays, en accord avec les lois internationales à la demande des gouvernements concernés".

François Hollande a confirmé que le siège du fonds financier se trouverait à Genève et que l'objectif était de réunir au moins 100 millions de dollars (93,7 millions d'euros), dont 30 seront versés par la France. Si l'objectif de 100 millions de dollars est dépassé, "nous ne nous en plaindrons pas et nous ne nous refuserons aucun geste supplémentaire", a déclaré le président français.

D'autres Etats, dont des monarchies du Golfe et la Chine, ont signalé leur disposition à un effort financier, sans cependant préciser de montants. Certains pays, comme la Bosnie-Herzégovine et le Sénégal, ont exprimé leur disposition à faire partie du réseau de refuges, mais d'autres, comme l'Égypte, ont exprimé des réserves en raison de questions de souveraineté, a indiqué un délégué à l'AFP.

Parlant à la tribune, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a déclaré que le processus de "zones refuges" devait être la "dernière option" et que des "garanties" devaient être fournies pour la "restitution en toute sécurité" d'un bien culturel au pays propriétaire.

La conférence d'Abou Dhabi a sollicité l'appui du Conseil de Sécurité des Nations unies pour la réalisation de ses projets. Un responsable français a évoqué l'adoption d'une résolution pour fixer des normes en matière de protection du patrimoine. Une "conférence de suivi", qui sera organisée en 2017, permettra notamment d'évaluer la mise en œuvre des initiatives lancées à Abou Dhabi et des premiers projets financés par le fonds international, conclut le texte.

Parmi les chefs d'État présents samedi figuraient les présidents du Mali, du Yémen et d'Afghanistan, ainsi que l'émir du Koweït.

La conférence sur le patrimoine en danger s'est tenue en marge d'une visite du Louvre d'Abou Dhabi, voulu comme "le premier musée universel dans le monde arabe" et un symbole d'"ouverture" et de "tolérance". François Hollande, qui a renoncé cette semaine à briguer un second mandat présidentiel, a visité samedi le site du musée qui sera inauguré en 2017. Le Louvre d'Abou Dhabi "a le pouvoir d'envoyer un message de paix, de dialogue, de compréhension et d'intelligence", a-t-il dit.

Par Culturebox (avec AFP)

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