Michael Jackson © Thierry Salliou/AFP, Elvis Presley © Bertrand Guay/AFP, Prince © INP/AFP
Michael Jackson © Thierry Salliou/AFP, Elvis Presley © Bertrand Guay/AFP, Prince © INP/AFP

Voyage en Amérique sur les traces de Jackson, Presley, Prince...

Mis à jour le 23/04/2017 à 14H47, publié le 19/04/2017 à 18H19

Un jour, une ville, un artiste... Voyage aux Etats-Unis, où chaque ville est identifiée à un chanteur, un style. Que ce soit à Los Angeles où rôde le fantôme de Michael Jackson, à Memphis où le King a laissé Graceland telle qu'elle ou encore à Minneapolis où le Roi de la Funk s'est éteint il y a un an déjà, les Etats-Unis sont à l'origine de multiples génies ou genre musicaux intemporels...

Une équipe de France 2 a emprunté les routes américaines pour retrouver ces musiciens qui font la fierté des Etats-Unis. Une série réalisée par J. Cadorze, L. Desbois, A. Monange, A. Williams

Los Angeles : dans les pas de Michael Jackson

Los Angeles, ses côtes, son soleil, son Walk of Fame et ses icônes. Depuis son décès en 2009, Michael Jackson n’a jamais véritablement cessé d’habiter les lieux. Ses sosies arpentent les rues ensoleillées pour le plus grand plaisir des fans inconditionnels de la star. Kanye Weeds, un de ses sosies, se confie : "Moi ce que je veux c’est faire vivre le personnage, c’est une façon de lui rendre hommage."

Il y a 35 ans déjà était tourné l’un des plus célèbres clips de l’histoire de la musique, "Thriller". Vincent, Chris et Kimberly étaient danseur dans la troupe. "C’était deux nuits de tournage" se souvient Kimberly, "Quand on avait l’opportunité de danser avec Michael Jackson, on était prêt à tout, on était vraiment esclaves de sa musique" se rappelle Vincent. Emus et encore un peu terrifiés, les danseurs retrouvent la maison délabrée du 1345 Carroll Avenue, où Michael se réfugie à la fin de son short film.

D’habitude, quand une star est au centre d’une troupe, on essaie, nous danseurs, d’attirer l’attention […]. Mais avec Michael Jackson, ce n’était jamais le cas ! C’était même souvent le contraire, on devait faire des efforts pour le suivre lui.

Chris, danseur de la troupe pour le slip "Thriller", sorti en 1983.

Chris Grant, danseur et chorégraphe avait été sélectionné pour faire partie de la dernière tournée du chanteur. Tournée qui n’a jamais vu le jour, et qui laisse un souvenir quelque peu amer au danseur : "J’étais arrivé à mon but, pour moi c’était la dernière étape, j’avais travaillé toute ma vie pour danser avec lui. On a commencé, et en un instant ce cadeau m’a été retiré."

 

Memphis : dans l'intimité d'Elvis

Celle que l’on appelle "Le Berceau du Rock’n’roll" ou la « Maison du Blues" accueille chaque année plus de 600 000 visiteurs, qui comme en pèlerinage se rendent dans la ville de celui qui fait encore vibrer les lieux : Elvis Presley.

Elvis grandit dans les quartiers populaires et mal famés de la ville, où timide, il se fait malmener par les plus grands. C’est en flânant dans les quartiers noirs qu’il tombe amoureux du blues, qui l’inspire et ne le quittera plus. Il arpente Union Avenue, célèbre pour ses bars à blues où résonnent les rythmes qui le rendront célèbre. C’est ici également qu’il fait la rencontre des Lanski Brothers, qui l’habilleront jusqu’à la fin de sa carrière. Hall Lanski, le fils du gérant de l’époque raconte : "S’il avait été juste un bon chanteur qui portait de vieux jeans, peut-être qu’il n’aurait pas été découvert. C’est un tout, c’était le bon moment, sa musique était bonne, son apparence aussi. Tout allait dans son sens, il ne pouvait pas échouer."
 

Mon père disait qu’Elvis préférait dépenser de l’argent pour s’habiller plutôt que pour manger. Il adorait les vêtements, il mélangeait les motifs, les rayures, tout lui allait. Il aurait pu porter une serpillère, il était toujours aussi beau. C’était un vraiment un amoureux de la mode.

Hall Lanski, propriétaire du Lanski Brothers à Memphis.


La ville de Memphis doit encore beaucup à son chanteur, et aucune occasion de rappeler que le King a grandi dans ces lieux n’est écartée. Restaurants, bars… Les moindres petites échoppes sont exploitées pour les touristes, toujours plus friands d’anecdotes. Et comme un hymne à l’immortalité de la star, Graceland ouvre ses portes à tous ceux qui souhaitent entrer un peu plus dans l’intimité du rockeur à la banane.
 


Nouvelles Orléans : l'accent de la France

La Nouvelle Orléans est la plus grande ville de l’état de Louisiane. Elle doit son nom à son fondateur, Philippe d’Orléans qui en 1718 ordonne la construction de la ville. Colonie française, puis espagnole, la ville est définitivement vendue aux Etats-Unis en 1803. Les colonies ont marqué à jamais l’histoire de cette ville multiculturelle dont les origines croisées mêlent français, espagnols, mais aussi créoles et cajuns.

Dans les rues résonnent sans répit des airs endiablés de jazz. Inspiré du blues et des chants gospel, le jazz s’est imposé comme un mantra sacré. Les plus grands sont passés par le centre de la ville, le Carré Français. Dee Dee Bridgewater, Sidney Bechet ou encore Louis Armstrong y ont vécu. Freddie Lonzo a joué aux côté de l’interprète du cultissime "On The Road". Aujourd’hui il donne chaque soir des concerts avec son groupe, au Preservation Hall. Pour lui, la légende Armstrong n’a jamais quitté les lieux : "Son esprit est toujours là. Je ne pense pas que ce soit artificiel, non, il est vraiment là. Moi cet esprit je le ressens parce que le jazz vient de l’église, il est influencé par le gospel."

C’est assez impressionnant parce qu’on le ressent dans l’atmosphère, on ressent que le jazz est présent de partout et c’est vraiment exceptionnel.

Stacy, chanteuse française à la Nouvelle Orléans

La Nouvelle Orléans a été dévastée en 2005 par le terrible ouragan Katrina qui a inondé 90% de la ville. Raphaël est un musicien français arrivé à la Nouvelle Orléans peu avant la catastrophe. Il s’est battu pour reconstruire la ville et se souvient, non sans une pointe d’émotion : "C’était assez cocasse et très intime aussi. C’était des moments de partage et des moments d’union, et des moments presque, je dirais, de survie, par rapport à une ville, par rapport à tout ce que les gens ont perdu du jour au lendemain quasiment. Reconstruire a pris du temps, mais les gens étaient là dès le départ."

 

Minneaopolis : Le Royaume de Prince

Dans le Minnesota, la métropole de Minneapolis a vu naître et s’éteindre la star incontestable de la funk, Prince. Icône internationale, le chanteur n’a jamais quitté sa ville chérie, où il vivait loin des projecteurs et du showbiz. Elevé par des parents musiciens qui se séparent alors qu’il est encore jeune, Prince devient très vite lui aussi amateur de musique. C’est d’abord au piano, puis à la guitare qu’il s’essaie avec talent. Les nombreux déménagements qu’il vit s’accompagnent de l’apprentissage d’un nouvel instrument. Alors qu’elle travaille sur les aménagements de Minneapolis, Kristen découvre l’enfance du jeune prodige : "Prince ne voulait pas apprendre avec les morceaux imposés par ses professeurs, il voulait jouer ce qu’il aimait et il a continué tout seul."
 
S’il a été aussi fidèle à sa ville natale, c’est parce que loin de la scène, le chanteur aimait le calme. Le principal disquaire de Minneapolis avait souvent l’occasion de croiser le chanteur : "La tranquillité de la ville lui allait bien. C’était quelqu’un de discret et d’introverti."

Reconnu dans le monde entier, c’est vraiment l’enfant chéri de Minneapolis, le héros du coin qu’on vu évoluer. Et même à son apogée, il a toujours considéré cette ville comme sa maison.

Un des guitaristes de Prince

Depuis la disparition de la star, il est possible de visiter le Paisley Park où le chanteur a enregistré la quasi-totalité de ses albums. Mitch fait visiter le mythique club : "C’est ce que l’on appelait le club NPG, c’est un endroit où l’on venait se rencontrer, écouter de la musique entre amis. Et les très bons soirs, on pouvait s’asseoir là, et voir Prince faire des improvisations sur scène." Vidéos de ses concerts, exposition de ses tenues de scène, tubes inédits… Autant d’objets qui ont fait le quotidien de la superstar et qui la font exister encore aujourd’hui.

 

Par Romane Guigue, Jacques Cardoze

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