Le chanteur Cedric Bixler-Zavala, le guitariste Omar Rodriguez-Lopez et le batteur Tony Hajjar du groupe At The Drive-In, complètement survoltés lors de la passage à Rock en Seine vendredi 25 août.
Le chanteur Cedric Bixler-Zavala, le guitariste Omar Rodriguez-Lopez et le batteur Tony Hajjar du groupe At The Drive-In, complètement survoltés lors de la passage à Rock en Seine vendredi 25 août. © Bernard Barbereau / FTV

Rock en Seine : la renaissance du groupe de punk rock américain At The Drive-In

Mis à jour le 24/08/2017 à 19H28, publié le 24/08/2017 à 19H17

C'est l'histoire d'une résurrection. Formé en 1993 à El Paso (Texas), At The Drive-In a connu son heure de gloire en 2000 avec un album devenu mythique, "Relationship of Command" (2000)… avant de se séparer, l'année suivante. Quinze ans après, le groupe s’est reformé pour un album, "in.ter a.li.a" (2017), et une tournée qui passe par Rock en Seine, vendredi 25 août. Portrait et entretien.

At The Drive-In ne parlera peut-être pas à toutes les générations : le groupe s’est formé à El Paso (Texas) en 1993. Au départ, ils n’étaient que deux, le chanteur Cedric Bixler-Zavala et le guitariste Jim Ward. Les deux compères vont rapidement trouver d’autres musiciens afin de sortir, sur le label de Jim (Western Breed), une démo dont le titre sonne comme un étrange hommage à leur ville d’origine : Hell (enfer en anglais) Paso.

Un effectif instable

At The Drive-In, c’est aussi une histoire au scénario alambiqué, évoluant au gré des va-et-vient des membres du groupe. Entre 1994 et 1997, pas moins de treize musiciens ont, tour à tour, fait partie du "band", au fil des arrivées, des évictions et des départs… Des débuts version mélodrama, où At The Drive-In se cherche un quintette stable.

Bon gré mal gré, At The Drive-In s'est pourtant découvert une passion pour la scène, que le groupe enflamme à chaque concert, multipliant les tournées en 1994 et 1995. Une alchimie singulière que l'on retrouve encore aujourd'hui, comme nous l'explique Tony Hajjar, le batteur. 

Sur scène, on donne vraiment tout ce qu'on a. Ça a toujours été comme ça avec ce groupe. Que le concert se passe mal à cause de problèmes techniques ou que tout se déroule à merveille, notre show est toujours franc, sincère.

Tony Hajjar, batteur d'At The Drive-In

Le batteur d'At The Drive-In lors d'un concert au festival Rock on the Range dans l'Ohio, aux Etats-Unis © Photo by RMV/REX/Shutterstock Le batteur d'At The Drive-In lors d'un concert au festival Rock on the Range dans l'Ohio, aux Etats-Unis © Photo by RMV/REX/Shutterstock

La consécration avec "Relationship of Command" (2000) 

C’est grâce à cette aisance "onstage" que le groupe se fait remarquer par un label. En 1996, "Flipside recordings" les signe pour leur premier album,  "Acrobatic Tenement". Les années passent, les albums ("El Gran Orgo", 1996 ; "In/Casino/Out",1998 ; "Vaya", 1999) et les tournées aussi… Jusqu’à l’automne 2000, et un événement déterminant : "Relationship of Command", l’opus mythique qui a transfiguré le quotidien du groupe, s'écoule à un million d'exemplaires.

Relationship of Command a été une vraie chance pour nous. Il a marqué l'esprit des gens même après la scission du groupe. Beaucoup de groupes ne connaissent jamais ça.

Tony Hajjar, batteur d'At The Drive-In

L’album sort sur Grand Royal, le label des Beastie Boys. Il contient 12 titres de hard rock post-punk bien violents, comme les fans les aiment. Les hurlements de Cedric crissent sur "Arcarsenal". Les riffs des guitaristes Jim Ward et Omar Rodriguez-Lopez se déchaînent sur "One Armed Scissor". La batterie va-t-en-guerre de Tony Hajjar galvanise sur "Sleepwalk Capsules"… Le groupe s’est même offert la voix d’Iggy Pop pour le titre "Cosmonaut". Bref, At The Drive In fait sensation dans le monde du hard rock. De quoi rendre fiers leurs ainés de Rage Against The Machine (dont ils ont fait plusieurs premières parties) et Nirvana, en tant que leurs dignes héritiers. 

"Plus qu'un comeback, une résurrection"

Au sommet de leur gloire et pourtant si proches de la chute. L’année qui suit la sortie de "Relationship of Command", les membres d’At The Drive-In choisissent de se séparer. Les tensions internes auront eu raison du groupe. Mais pas indéfiniment… En 2012, première tentative : le groupe se reforme pour une poignée de concerts, avant de se séparer à nouveau. 2016, deuxième tentative, cette fois sans Jim Ward, l’un des deux membres fondateurs, qui décide de quitter définitivement le navire. Il est remplacé par le guitariste Keeley Davis. Et At The Drive-In renait, cette fois pour de vrai. 17 ans après "Relationship of Command", leur dernier album en date, le groupe sort "in.ter a.li.a" (mai 2017). 

Pour moi c'est plus qu'un comeback, c'est une résurrection

Tony Hajjar, batteur d'At The Drive-In
 

Le chanteur du groupe, Cedric Bixler-Zavala, lors du festival Rock on the Range dans l'Ohio, aux Etats-Unis (mai 2016)  © Photo by Amy Harris/REX/Shutterstock Le chanteur du groupe, Cedric Bixler-Zavala, lors du festival Rock on the Range dans l'Ohio, aux Etats-Unis (mai 2016)  © Photo by Amy Harris/REX/Shutterstock

17 années ont passé, mais At The Drive-In n’a pas changé son fusil d’épaule. Pour "in.ter a.li.a", le groupe a utilisé le même mode d’emploi que pour "Relationship of Command" : des riffs acérés et une énergie communicative.

Pour "in.ter a.li.a", on s'est demandé : "Est-ce que c'est juste un autre album que l'on sort 17 ans après ? Ou est ce que c'est l'album qu'on aurait aimé sortir juste après "Relationship of Command" ?" Et pous nous c'était bien une suite, comme s'il y avait une continuité, peu importe le nombre d'années qui séparent ces deux albums.

Tony Hajjar, batteur d'At The Drive-In

Un nouvel album plus militant 

Pourtant, la voix de Cedric Bixler-Zavala est un peu moins haut perchée qu’à l’époque, les chœurs bien énervés de Jim Ward nous manquent un peu, et l’écriture trouve de nouvelles inspirations, plus engagées. L’opus s’ouvre ainsi sur "No Wolf Like The Present" (« la plus grande menace, c’est le présent »).  

Inter alia, cela signifie "entre autres choses" en latin. C'est une manière pour nous de dire que tout ce qui se passe dans nos vies est presque anecdotique à côté des trucs complètement fous qui se passent dans le monde. Aujourd'hui, on n'a plus le droit d'être égoïste, on doit envisager le futur à une plus grande échelle.

Tony Hajjar, le batteur d'At The Drive-In

Et au batteur de conclure : "on a vraiment hâte de jouer ces nouveaux titres en plus des anciens pour le public de Rock en Seine !". Rendez-vous vendredi pour un concert qui promet d'être survolté.  

At The Drive-In est à Rock en Seine vendredi 25 août à 19h sur la Grande Scène.

Par Medhi Weber

@Culturebox

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