De La Soul sur la scène de Jazz à Vienne
De La Soul sur la scène de Jazz à Vienne © Marion Tisserand

Jazz à Vienne : la grande foule pour le retour sur scène réussi de De La Soul

Mis à jour le 03/07/2017 à 9H57, publié le 02/07/2017 à 18H55

La soirée de samedi à Jazz à Vienne été marquée par le retour sur scène du groupe mythique De La Soul. Mélangeant hip hop, jazz, soul et autres influences funky, les New-yorkais ont offert un show d'une rare intensité.

Le festival Jazz à Vienne a gagné en éclectisme samedi soir. Le hip hop s’est invité sur la scène du théâtre antique. Après la collaboration entre grands noms du rap français et l’orchestre philharmonique de Lyon, c’est un groupe venu tout droit de la côte Est des États-Unis qui a fait son arrivée. Tout aussi connu pour son éventail de style très ouvert, De La Soul est venu enflammer Jazz à Vienne avec son nouvel album « And The Anonymous Nobody » mais aussi plusieurs morceaux considérés comme des classiques !

C’est peu dire que les Américains se sont fait désirer. Ils avaient gardé le silence depuis plus de 11 ans avant de revenir en studio. L’annonce de leur retour sur scène a ramené plus de 7300 spectateurs, presque du jamais vu à Vienne. Le groupe peut se targuer de pouvoir s’adresser au plus grand nombre avec toutes les influences musicales qui sont les siennes. Du hip hop évidemment, mais aussi du jazz, du funk, de la soul en passant par quelques riffs rock. Les premières notes jouées riment avec les premiers spectateurs levés. La soirée s’annonçait magnifique.

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Leur dernier album sorti en août 2016 avait été un véritable évènement sur la planète musique. On sait le groupe new-yorkais extrêmement proche de son public. De La Soul avait aussi accusé les maisons de disques de les avoir réduits en esclavage, ne leur octroyant qu’une partie des revenus. Le financement de ce disque a été totalement assumé par les fans du trio au travers d’une campagne de financement participative. Loin de chômer, les collaborations se sont multipliées. Sur cet opus, on retrouve Snoop Dogg, Estelle, 2 Chainz ou encore Usher.

Rapidement, les premiers morceaux s’enchaînent. Pos et Dave passent de l’euphorie à la g-funk avec une facilité déconcertante. Jusqu’aux premières interactions avec le public. Un chanceux a vu son téléphone être saisi par Pos pour un tour de scène en plein morceau.

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Peut-être encore très marqués par leurs déboires avec les majors, les deux compères déposent un chapeau sur le bord de la scène. "It’s for extra-tips you know ! [C’est pour des pourboires supplémentaires !]" L’histoire ne dit pas combien ils ont récolté lors de cette soirée.

Et puis il y a ce moment magique où le théâtre s’est retrouvé plongé dans le noir. C’est ensuite des petits point blancs qui se sont allumés ici et là jusqu’à ce que les gradins soient irradiés par les flashs des téléphones portables lors d’une vibe.

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L’interlude fait frémir l’assistance alors que les musiciens assurent le show. Finalement, Pos et Dave reviennent, affirmant avoir "oublié quelques titres". Les aficionados reconnaissent tout de suite les premières lignes de basses puissantes qui sont jouées. Toujours très proche du groupe de trip-hop Gorillaz, ils interprètent "Feel Good Inc" et font se lever le théâtre antique. Le coup de grâce est donné avec le morceau phare "Ring Ring Ring" et son air de saxophone ultra-dansant.

Pointu musicalement, le groupe n’est pas dénué d’humour puisqu’il termine son concert avec une dédicace pour le moins inattendue aux rappeurs français qui les ont précédés sur scène. Plus particulièrement, c’est Mc Solaar qui reçoit les hommages du groupe, "malgré le fait qu’ils ne le connaissent pas vraiment".

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C’est peu dire que le concert a plu. Il était difficile de compter le nombre de spectateurs qui avaient perdu leur voix à la fin de ces deux heures de show. Et pourtant, nombreux étaient ceux à espérer un deuxième rappel des Américains sur scène pour pouvoir continuer la fête.

Par Adrien Pittore

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