Keziah Jones était le premier artiste international de la grande soirée.
Keziah Jones était le premier artiste international de la grande soirée. © Adrien Pittore

Jazz à Vienne : Keziah Jones en toute liberté

Mis à jour le 17/07/2017 à 16H34, publié le 17/07/2017 à 11H55

L'inventeur du BlueFunk, Keziah Jones est revenu sur la scène du théâtre antique de Vienne pour une soirée exceptionnelle. Reprenant ses grands classiques, il a aussi confirmé travailler actuellement sur un EP et un double album. Mélangeant les styles musicaux avec une facilité déconcertante, Keziah Jones a enflammé la scène.

Avec son chapeau et sa cape violette, Keziah Jones dénote indéniablement. Mais le public du théâtre antique adore. Il suffit d’une simple apparition pour que l’hystérie s'empare des gradins.


Alors quand il saisit sa guitare, un vent de folie se met à souffler, à la fois sur scène, et chez les spectateurs. Malgré une corde qui casse presque immédiatement, Keziah entonne ses premiers riffs et interprète "Hello Heavenly" avec sa deuxième guitare. 

Keziah Jones a conquis le public dès les premières notes. © Adrien Pittore Keziah Jones a conquis le public dès les premières notes. © Adrien Pittore

Artiste de la mixité

Keziah Jones est la croisée des styles. Il sait à merveille confronter le blues et le funk. Mais pas seulement. En artiste complet, il rajoute des influences plus rock. Parfois il fait retomber la tension et plonge le théâtre antique dans une ambiance soul. Le tout en y ajoutant sa propre sensibilité, héritée des musicalités africaines.

Keziah Jones offre aussi quelques pauses. © Adrien Pittore Keziah Jones offre aussi quelques pauses. © Adrien Pittore

Enfant du Nigéria, Keziah Jones est le meilleur exemple de ce nouveau courant musical qu’est "l’afro new wave". Il décrit la musique de Lagos comme oscillant entre deux courants : la musique traditionnelle et la musique des nouvelles générations influencées par le Hip Hop. Les paroles sont d’ailleurs souvent en anglais. Keziah lui, veut se placer au milieu, il est le symbole de la mixité culturelle.  

Lorsqu'il prend la guitare, Keziah Jones n'est plus. © Adrien Pittore Lorsqu'il prend la guitare, Keziah Jones n'est plus. © Adrien Pittore

Plus concentré sur sa guitare que sur le micro, Keziah Jones s’en rapproche seulement à partir de sa deuxième chanson. A peine lâche-il ses premières paroles, qu'elles sont aussitôt reprises par le public.

Mais avant d’être le grand chanteur que l’on connait, Keziah Jones est aussi un excellent guitariste, même si sa technique n'est guère orthodoxe. D’une Gibson au son lourd et rond, il passe à une Lâg Guitare S1000J à seulement deux cordes avec des notes aux attaques agressives. Parfois, il joue la guitare dans le dos ou seulement avec sa main gauche sur le manche. Vient la troisième chanson, "Beautiful Emilie". Classique parmi les classiques. Le show est lancé.

Chargé d’influences africaines, le morceau "Kpafuca" change brutalement l’ambiance. Ici les BPM explosent et Keziah Jones emporte le public dans un rodéo musical où la batterie est primordiale et vient sublimer cette frénésie. Jamais avare d'instiller sa touche personnelle, Keziah Jones dissémine ici et là quelques riffs bien sentis qui font se lever les plus sceptiques dans les gradins.

Keziah Jones laisse place à son alter ego Captain Rugged

Après ces deux morceaux cultes, Keziah Jones enchaine avec "Where’s life". Un morceau qui fait la part-belle à ses variations vocales, toujours soutenues par son jeu à la guitare. Keziah Jones en profite aussi pour s’amuser dans quelques dialogues avec ses musiciens et quelques fois avec le public.  

Le trio s'est lancé dans plusieurs dialogues tout au long du concert. © Adrien Pittore Le trio s'est lancé dans plusieurs dialogues tout au long du concert. © Adrien Pittore

Un hommage à Bob Dylan plus tard et quelques autres titres moins connus mais toujours aussi maitrisés et énergiques, arrive "Rythm is love". Le single sorti en 1992 n’a pas pris une ride. Toujours dans la "vibe", Keziah n'a pas besoin de reprendre les chœurs qui sont parfaitement assurés par le public. C'est un moment d'intense communion. 

Une fin de concert qui annonce de futurs projets

En fin de concert Keziah pose sa guitare et demande une dernière fois de féliciter ses musiciens. Puis l’artiste avec son chapeau et sa cape disparait aussi vite qu’il est venu. Comme il nous le confiait en interview avant le concert, il travaille actuellement sur un nouvel EP de six titres à l’influence afro-beat à la manière de Tony Allen ou Fela Kuti. Le but de ce disque étant d’extraire le côté sombre, et l’amertume contenus dans ces différentes influences pour en faire ressortir le côté joyeux.

A peine son concert se termine que Keziah Jones retourne en studio. © Adrien Pittore A peine son concert se termine que Keziah Jones retourne en studio. © Adrien Pittore

En parallèle, Keziah Jones planche aussi sur un nouvel album qui devrait ravir les fans. Il lui a fallu quatre ans de préparation. Et la tâche n’est pas encore totalement finie.
 

Ce qui est sûr, c’est qu’il y aura beaucoup de chansons. Ce sera un double album !

Keziah Jones quelques heures avant son concert


D’ici là, il n’est pas impossible de voir l’enfant de Lagos sur les écrans. Lui qui avait déjà tourné dans le film "L’Echappée Belle" d’Emilie Charpitelle, pense sérieusement à revenir sur les écrans dans un deuxième film. "Probablement avec Emilie." Ce qui est sûr, c’est que Keziah Jones ne prend jamais de repos et qu’il s’amuse toujours autant à naviguer entre les univers musicaux.

Keziah Jones est possédé par sa musique. © Adrien Pittore Keziah Jones est possédé par sa musique. © Adrien Pittore

 

Par Adrien Pittore

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