Le prince William devant un portrait de Gurrumul, lors d'une visite de la National Portrait Gallery en 2014. La coutume aborigène interdit la publication d'images de personnes récemment décédées.
Le prince William devant un portrait de Gurrumul, lors d'une visite de la National Portrait Gallery en 2014. La coutume aborigène interdit la publication d'images de personnes récemment décédées. © LUKAS COCH / POOL / AFP

L'artiste aborigène Gurrumul, qui avait notamment chanté avec Sting, est mort

Mis à jour à 9h33, publié le 26/07/2017 à 9H32

Le chanteur aborigène australien Gurrumul, qui avait collaboré avec plusieurs stars comme Sting et Elton John, est décédé à 46 ans au terme d'un "long combat contre la maladie", a annoncé mercredi sa maison de disques.

Il avait fait connaître sa langue aborigène au reste du monde. Le chanteur Gurrumul, de son vrai nom Geoffrey Gurrumul Yunupingu, est décédé des suites d'une longue maladie. L'artiste, qui a vendu un demi-million d'albums, avait notamment collaboré avec de grands noms de la scène internationale, comme Quincy Jones ou Elton John. Il avait avec Sting livré une interprétation remarquée d'"Every Breath You Take" en 2009 sur le plateau de "Taratata". Il avait également chanté devant la reine Elizabeth ou le président américain Barack Obama.


Non-voyant, il chantait d'une voix prenante une sorte de folk aborigène en s'accompagnant à la guitare entouré de quelques musiciens acoustiques. L'artiste, qui était d'une timidité rare, avait très rapidement obtenu une reconnaissance internationale après la sortie de son premier album en 2008 en dépit du fait qu'il chantait dans son dialect Gumatj compris par seulement 3.000 personnes.

L'artiste salué par le Premier ministre australien

"Nous pleurons aujourd'hui la perte d'un grand Australien, Dr G. Yunupingu, qui nous a quittés hier à l'Hôpital royal de Darwin après un long combat contre la maladie", a annoncé dans un communiqué Skinnyfish Music Australia, sa maison de disques spécialisée dans la musique indigène. Sa disparition a entraîné une avalanche de réactions en Australie, notamment sur les réseaux sociaux.

"Dr G Yunupingu était un Australien remarquable qui partageait sa langue Yolngu avec le monde au travers de sa musique", a notamment tweeté le Premier ministre Malcolm Turnbull. "Trop jeune. Il avait encore tellement à donner", a réagi de son côté sur Twitter le leader de Midnight Oil Peter Garrett.

Un symbole pour le peuple aborigène

Gurrumul était né non-voyant en 1971 dans le village reculé de Galiwin'ku, situé sur l'île Elcho au large de la Terre d'Arnhem, dans l'extrême Nord de l'Australie. Il souffrait vraisemblablement de problèmes de foie et de reins après avoir contracté l'hépatite B quand il était enfant. La sénatrice des Verts Sarah Hanson-Young a d'ailleurs relevé sur Twitter que son décès prématuré constituait "un amer rappel de la nécessité de combler l'écart en matière d'espérance de vie avec les peuples indigènes".

Ils ont beau être présents depuis -au moins- 40.000 ans sur l'île-continent, les aborigènes ne sont que 670.000 en Australie, sur une population de 23 millions. Les taux d'emprisonnement, de chômage et de maladies graves sont bien plus élevés chez eux que chez les autres Australiens. Ils ont en outre une espérance de vie bien moins longue. Ainsi, sur la période 2010-2012, chez les hommes, l'espérance de vie des non indigènes était de 79,7 ans contre 69,1 ans pour les aborigènes, et de 83,1 ans contre 73,7 ans pour les femmes, selon des chiffres officiels publiés en 2013. La coutume aborigène interdit la publication d'images de personnes récemment décédées.

Par Culturebox (avec AFP)

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