Camille au Fnac Live 2017 vendredi 7 juillet.
Camille au Fnac Live 2017 vendredi 7 juillet. © Sarah Bastin

Camille envoûte le Fnac Live avec un spectacle poétique ambitieux

Mis à jour le 09/07/2017 à 14H26, publié le 09/07/2017 à 14H18

Il n'y en a pas deux comme Camille. Qu'on l'aime ou pas n'est plus la question depuis longtemps: cette chanteuse exigeante est tout simplement admirable dans sa quête vocale. Et sa proposition artistique originale qui ne connaît pas le surplace est tout aussi remarquable. Après quatre Cigale le mois dernier pour présenter son nouvel album "Ouï", sa tournée faisait halte vendredi au Fnac Live.

Sortie d'un conte rétro-futuriste entre "Peau d'Ane" et "Star Wars"

La chanteuse aux pieds nus a sorti le mois dernier un nouvel album, le très inspiré "Ouï". Cette nouvelle exploration de ses ressources vocales a été enregistrée entre un monastère et une chapelle. On ne s’étonne donc pas de la spiritualité et des sonorités médiévales que dégage ce disque, y compris dans sa transposition Live.

Un décor bleu ciel délavé a été dressé en un temps record (belle performance au passage) sur la scène du Fnac Live. Un immense tambour trône en hauteur comme une Lune. Un percussionniste en tenue de boxeur à capuche, dos au public, tape sur ses fûts électroniques. Un clavier émerge de l’ombre.

Accompagnée de trois choristes, Camille, qui marque le rythme de façon animale comme on s’ancre dans la Terre, est vêtue d’une robe tout droit sortie d’un conte rétro-futuriste : un style à la fois moyen-âgeux et très Star Wars, hiératique et pourtant sensuel.

La voix et les rythmes sont la base de l'album "Ouï" de Camille et de sa transposition scénique.  © Laure Narlian / Culturebox La voix et les rythmes sont la base de l'album "Ouï" de Camille et de sa transposition scénique.  © Laure Narlian / Culturebox

Du punk à la bourrée

Le spectacle, hors norme, et qui pourrait aimanter le public sous n’importe quelle latitude, joue tout du long sur le dialogue fécond entre les voix et les rythmes. Et navigue entre les différentes "périodes" de la chanteuse-chamane comme on le dirait d’un Picasso.

Les récents "Je ne mâche pas mes mots", "Fontaine de lait" et "Seeds" embrassent "Home is where it hurts" (de Music Hole 2008), puis Camille passe sans transition de "Too Drunk to fuck" (reprise des punks américains Dead Kennedys, une pépite du projet collectif Nouvelle Vague) au médiéval "Les Loups", pour lequel elle invite un couple du public à venir danser la bourrée.

Suivront "Paris", extrait de son premier album passé inaperçu ("Le sac des filles") et dont le public autour de nous, surprise, connaît les paroles par cœur ! Sur "Prendre ta douleur", une des chansons à tonalité soul gospel où on la préfère, elle s’engage en bord de scène dans une danse-transe très physique avant de terminer sur "Allez".

Très maîtrisé mais jamais mécanique, ce spectacle poétique et tribal à deux doigts du sacré nous apparaît comme une célébration païenne de la vie et du moment présent. Une proposition artistique originale et ultra ambitieuse qui fait son miel de chaque souffle de vent et ne cherche pas à plaire. Juste à étonner. 

Le parvis de l'Hôtel de Ville de Paris était noir de monde pour Camille au Fnac Live 2017. Le parvis de l'Hôtel de Ville de Paris était noir de monde pour Camille au Fnac Live 2017.



Camille poursuit sa tournée tout l'été et jusqu'à mars 2018: elle sera le 11 juillet à Autrans, le 14 aux Francofolies de la Rochelle, le 15 juillet aux Vieilles Charrues de Carhaix, le 20 juillet à Lyon, le 21 au Paléo festival de Nyon (Suisse), le 23 juillet à Brive la Gaillarde etc (voir toutes les dates de sa tournée sur son site) et reviendra pour deux dates dans la capitale les 20 et 21 novembre aux Folies Bergère.

Par Laure Narlian

@Nijikid

Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox

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