Une femme lit au bord de la plage à Biarritz, en avril 2015
Une femme lit au bord de la plage à Biarritz, en avril 2015 © IROZ GAIZKA / AFP

Vacances d'été 2017 : 10 livres de poche à glisser dans sa valise

Mis à jour le 07/07/2017 à 15H37, publié le 29/06/2017 à 10H09

Entre crème solaire et maillot de bain, dix romans indispensables qui lesteront (à peine) vos bagages et égaieront (tant et plus) votre pause estivale.

Le bonheur d'une crique abritée, d'un alpage ensoleillé ou d'un sentier de randonnée peut-il être total sans la compagnie d'un bon livre ? Que nenni ! Toujours serviable, Culturebox a recensé les dix romans indispensables pour ensoleiller votre été (ou le rafraîchir, c'est selon). Au format poche, bien sûr, par souci de légèreté et d'économies. De l'amour et du sang, de l'action et de l'érudition, du rire et des larmes, voici notre bibliothèque portable, cru 2017
1
"La petite femelle" de Philippe Jaenada
1953. La France d'après-guerre suit avec passion le procès de Pauline Dubuisson, étudiante en médecine qui a abattu son amant deux ans plus tôt. Réclamant sa tête, les avocats de la partie civile se lâchent sur tout : la beauté de l'accusée, son intelligence, sa froideur supposée, et, pire encore, sa liaison passée d'adolescente avec un médecin allemand, dans la poche de Dunkerque assiégée par les Alliés. De ce fait-divers, Philippe Jaenada a extrait tout le suc pour en tirer un grand roman haletant, ponctué de digressions drôlatiques sur la vie du narrateur. (Points - 8,95 euros).

Couverture de "La petite femelle", Philippe Jaenada (Points)

2
"Pour la peau", d'Emmanuelle Richard
Elle a 27 ans, lui 48. Cheveux courts et visage nu, caissière dans un magasin du sud de la France, elle se rêve écrivain. Visage marqué et longue carcasse déglinguée, lui a vécu de musique à Londres avant de survivre d'expédients, bricolage et réparations. À quoi ressemble la passion dans la France des années 2010, où le sexe est à portée de clic ? À partir de ces petits riens qui deviennent essentiels, Emmanuelle Richard tisse un roman sensuel et solaire. (Points - 7,50 euros).

Couverture de "Pour la peau", d'Emmanuelle Richard (Points) ©

3
"Outre-Terre", de Jean-Paul Kauffmann
Le 8 février 1807, Napoléon remportait une victoire à la Pyrrhus à Eylau, au fin fond de la Prusse-Orientale. Deux cents ans plus tard, Jean-Paul Kauffmann débarque avec femme et enfants dans la ville toute proche de Kaliningrad, pour assister à la reconstitution de cette bataille historique. Patrie d'Emmanuel Kant, l'ex-Königsberg s'est muée en enclave russe. L'écrivain traque dans un champ de neige les traces de la Grande armée en lambeaux, et dépeint, avec cocasserie, les persistantes tracasseries post-soviétiques. Un délice érudit. (Folio - 8,20 euros).

Couverture de "Outre-terre", Jean-Paul Kauffmann (Folio)

4
"L'enfant qui mesurait le monde", de Metin Arditi
Dans une Grèce en crise, une île protège un enfant qui tente de maîtriser, avec ses additions fiévreuses, les bouleversements en cours.Combien de bateaux rentrent le matin au port ? Combien de clients s'attablent le soir à la terrasse du restaurant ? Cette fable émouvante autour d'un jeune autiste révulsé par le désordre du monde questionne, en creux, nos certitudes de neurotypiques, comme autant de failles. (Points - 7, 10 euros).

Couverture de "L'enfant qui mesurait le monde", de Metin Arditi

5
"Les salauds devront payer", d'Emmanuel Grand
Dans une petite ville du Nord de la France ravagée par le chômage, Pauline, 17 ans, rêve de s'enfuir sous les tropiques. Le sort en décide autrement : un petit matin glauque, la gamine défoncée à la cocaïne est retrouvée assassinée. Ce meurtre, suivi de quelques autres, trouverait-il ses racines dans d'anciens conflits mal éteints, liés à l'ex-usine métallurgique de la ville, aujourd'hui désaffectée ? Un drame noir nappé de fantastique, par l'auteur remarqué de "Terminus Belz".(Livre de Poche - 7,90 euros).

Couverture de "Les enfants devront payer", d'Emmanuel Grand (Livre de Poche)

6
"Le sillage de l'oubli", de Bruce Machart
À l'aube du XXe siècle au Texas, un veuf désespéré traite impitoyablement ses quatre fils. Du dernier, Karel, il fait un cavalier émérite dressé pour gagner des courses de chevaux : en pariant sur sa victoire, le père s'enrichit et accroît ses terres. Mais Karel va dévier de sa route, en tombant fou amoureux d'une amazone qui excelle, elle aussi, dans l'art du galop et de la course. Une fiction lyrique et déchirante, chez un éditeur devenu une référence pour les fondus de littérature américaine. (Gallmeister - 10,50 euros).

Couverture de "Le sillage de l'oubli", de Bruce Machart (Gallmeister)

7
"L'ombre de Gray Mountain", de John Grisham
Septembre 2008 : Wall Street est en crise. Jeune avocate new-yorkaise, Samantha Kofer se retrouve un matin au pied de son bureau, sèchement licenciée. Elle part travailler au cœur des Appalaches, dans un centre d'aide juridique, et y sera confrontée aux propriétaires des mines qui règnent en maîtres sur ce coin déshérité de Virginie. Le code du travail y est inconnu, la santé des travailleurs et le souci de l'environnement, pures plaisanteries. Un excellent thriller juridique par le maître du genre, avec vue imprenable sur cette Amérique qui a élu à sa tête Donald Trump. (Livre de Poche - 8,60 euros).

Couverture de "L'ombre de Gray Mountain", de John Grisham

8
"Chouquette", d'Emilie Frèche
L'après-crise de 2008 encore, vue de Saint-Tropez. D'une plume trempée dans le vitriol, la romancière nous campe une grand-mère indigne qui se fait appeler "Chouquette". Cette sexagénaire riche et botoxée qui craint la ruine (physique et financière) se voit infliger pour quelques jours la garde de son petit-fils, Lucas, atteint de varicelle de surcroît. Un face-à-face réjouissant, objet d'une satire drôlissime et cruelle dont l'adaptation au cinéma sort début août. (Babel - 6,80 euros).

Couverture de "Chouquette", d'Emilie Frèche (Babel)

9
"Trente ans et des poussières", de Jay McInerney
"Les jours enfuis", le tome 3 des aventures new-yorkaises de Corrine et Russel, vient de paraître aux éditions de L'Olivier ("Les jours enfouis"). Un prétexte idéal pour plonger ou replonger dans le début (insurpassé) de la trilogie, quand la crise financière de 1987 désespérait (déjà) Wall Street. Beaux, jeunes et intelligents, Corinne et Russell avaient "Trente ans et des poussières" et habitaient Manhattan. Autant dire qu'ils étaient maîtres du monde, elle dans la finance, lui dans l'édition. Mais la soif de réussir, les désirs décalés et les krachs boursiers sont venus lézarder leur monde enchanté. (Points - 8,50 euros).

Couverture de "Trente ans et des poussières", de Jay Mclnerney

10
"Bonheur fantôme", d'Anne Percin
Pierre a tout quitté, amour, études, thèse sur la philosophe Simone Weil (1909-1943), pour s'installer à la campagne. Il se fait brocanteur, cultive son potager, et vit de rien ou presque, en tentant d'achever sa biographie de Rosa Bonheur (1822-1899), cette artiste en pantalons fumeuse de havanes, qui aimait peindre vaches, chevaux et chiens. Un portrait singulier, étrange et délicat, qui hante longtemps le lecteur.(Babel - 7,80 euros).

Couverture de "Bonheur fantôme", d'Anne Percin


Par Anne Brigaudeau

@AnneBrigaudeau

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