Véronique Olmi, a reçu le prix du roman Fnac pour "Bakhita"
Véronique Olmi, a reçu le prix du roman Fnac pour "Bakhita" © Laurence Houot / Culturebox, d'après une photo de Astrid di Crollalanza

"Bakhita" : 5 questions à Véronique Olmi

Mis à jour le 13/09/2017 à 19H13, publié le 13/09/2017 à 16H25

Véronique Olmi signe "Bakhita" (Albin Michel), un roman qui raconte le destin extraordinaire d'une esclave devenue religieuse et canonisée en 1992. Prix du roman Fnac 2017, "Bakhita" est un roman plein du souffle de cette âme forte, à qui la romancière donne une voix. Interview.

1
Quel est le sujet de votre roman ?
Le sujet de mon roman est le parcours intérieur d'une femme au destin exceptionnel, depuis sa naissance au Darfour à la fin du XIXeme siècle jusqu'à sa mort 78 ans plus tard, en Italie. Elle fut esclave, toute petite, et mourut religieuse, avant d'être canonisée en 2000 par le pape Jean-Paul II. Je voulais approcher cette force qui était la sienne, avec ses luttes et sa complexité, ses défaillances, ses espoirs, je voulais aussi interroger cette part incroyable d'humanité en elle, qui avait connu et subi l'inhumanité. Le propre de la littérature est d'interroger les notions de Bien et de Mal. Poser inlassablement la question de cette dualité en nous et autour de nous.
2
Comment est né le livre ?
Le livre est né, je pourrai dire "par hasard", alors que je visitais l'été, la petite église de Langeais, en Touraine, et que je découvrais son portrait, posé sur un chevalet, et lisais quelques dates biographiques la concernant. J'ai éprouvé un saisissement, un choc émotionnel intense et j'ai immédiatement regardé sur internet les livres écrits sur elle, pour les lire. Il n'y en avait pas... Sauf le récit de son témoignage "Storia Meravigliosa", auquel je fais référence dans mon roman. Je me suis alors lancé dans les recherches, et le projet d'écriture...

Josefina Bakhita

3
Comment avez-vous travaillé sur ce roman ?
J'ai fait beaucoup de recherches sur l'esclavage au Soudan à la fin du XIXeme siècle (grâce notamment au site Gallica, qui met en ligne les manuscrits de la BNF) j'ai rencontré à plusieurs reprises une historienne, et je suis partie en Italie, dans les lieux où avait vécu Bakhita, les couvents aussi, où j'ai parlé avec les Soeurs canossiennes.
4
"Bakhita", pourquoi ce titre, comment l'avez-vous choisi?
Mon roman parle d'une héroïne qui porte un nom qui n'est pas le sien. Une femme qui a oublié à jamais son nom de naissance; une esclave baptisée par ses ravisseurs musulmans : "Bakhita" ("la chanceuse"). J'ai gardé tout simplement ce prénom, emblème de sa vie malmenée, et finalement, reconstruite.
5
Que diriez-vous en quelques mots pour donner envie au lecteur de lire votre livre ?
Que Bakhita est une personne qui ne s'oublie pas. Lire son histoire, même romancée, est à mon avis, la rencontrer. Et la rencontrer, est un privilège.

"Bakhita", de Véronique Olmi
(Albin Michel - 460 pages - 22,90 euros)

Par Laurence Houot

@LaurenceHouot

Journaliste, responsable de la rubrique Livres de Culturebox

Aimez notre page Facebook
pour suivre toute
l'actualité culturelle