Canakry, capitale mondiale du livre 2017
Canakry, capitale mondiale du livre 2017 © DR

Guinée : Conakry, capitale mondiale du livre pendant 1 an

Publié le 23/04/2017 à 15H40

Les ordures et carcasses de véhicules sont enlevées des rues, des étals et kiosques ont été déplacés des artères les plus visibles : la ville guinéenne de Conakry a fait peau neuve pour être "la capitale mondiale du livre" pour un an, à compter de dimanche et jusqu'au 22 avril 2018.

L'opération "Capitale mondiale du livre" est une initiative de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) qui a commencé en 2001 par Madrid. La ville choisie "s'engage à promouvoir les livres et la lecture et à mettre en oeuvre un programme d'activités pour une période d'un an", indique l'Unesco. Conakry est la 17e ville désignée pour abriter la manifestation, dont la cérémonie d'ouverture officielle est prévue dimanche avec le Sénégal comme invité d'honneur.

Conakry, cité propre

En prévision de l'événement, des opérations de nettoiement ont été menées. Les 2,5 millions d'habitants de Conakry se plaignent régulièrement des dépotoirs sauvages dans certains quartiers, la décharge officielle de la Minière, dans la proche banlieue, peinant à contenir les déchets. Le gouverneur de Conakry, le général Mathurin Bangoura s'était engagé à en faire une cité propre et à "débarrasser les emprises des rues et boulevards de tous les obstacles", selon la presse locale.

Ces dernières semaines, un ballet de camions-bennes, grues et engins lourds ont débarrassé les rues de ses ordures et carcasses de véhicules. Des scènes constatées notamment à Kaloum, quartier administratif et des affaires abritant des ambassades. Mi-mars, "nous avons été appelés par le gouvernorat de Conakry sur instruction du ministère de tutelle pour faire de Conakry la perle des lagunes", explique le conducteur d'un des camions, Mamadouba Soumah. Ses collègues et lui ont été "réquisitionnés" pour "débarrasser Conakry de ses poubelles et véhicules usés garés le long des ruelles devant les concessions (domiciles) depuis plusieurs mois, voire des années", affirme-t-il. L'opération n'épargne pas les petits vendeurs informels ou ouvriers exerçant leurs activités devant des étals, des kiosques ou dans des locaux de fortune : beaucoup ont été priés de libérer les sites et aires de jeux sur les grandes artères ou zones résidentielles, administratives ou d'affaires, illégalement occupés.

Livre-cachette

La capitale a vu fleurir des panneaux et affiches annonçant l'événement, incitant à la lecture ou à l'effigie de grands hommes de lettres d'Afrique et d'ailleurs, ainsi qu'une multitude de drapeaux colorés. 

"Conakry, capitale mondiale du livre, c'est un honneur", "Lisons pour mieux comprendre et mieux nous parfaire !", "Tous les goûts sont dans la lecture", peut-on notamment voir à travers la ville. Sur la Corniche nord, on aperçoit des posters géants de l'écrivain malien Amadou Hampâté Bâ, du Sénégalais Léopold Sédar Senghor, de l'Ivoirien Amadou Kourouma, du Martiniquais Aimé Césaire et des Guinéens Williams Sassine, Tierno Monénembo et Camara Laye. 

Dans les milieux culturels, notamment littéraires, beaucoup espèrent que "Conakry, capitale mondiale du livre" permettra de redynamiser la lecture et les filières du livre dans le pays où, selon le ministère de l'Education, 35 à 40% de la population est scolarisée et lit peu, hors des ouvrages imposés par les écoles. Une mission ardue d'après un professeur d'histoire car, ironise-t-il, aujourd'hui "en Guinée, si tu veux cacher ton argent, tu le mets dans un livre, personne ne va te le voler !"

Par Culturebox (avec AFP)

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