Le danseur Syrien Ahmad Joudeh
Le danseur Syrien Ahmad Joudeh © France 3 / Culturebox / capture d'écran

"Danser ou mourir", le destin hors du commun d'Ahmad Joudeh jeune danseur syrien

Mis à jour à 18h55, publié le 04/07/2017 à 17H25

Depuis quelques mois, Ahmad Joudeh est danseur invité au Ballet National d'Amsterdam. Avant, il dansait aux milieu des ruines de Damas, donnait des cours à des enfants, tentait de fuir les terroristes qui le menaçaient. Un destin et une rage de vivre et de danser hors du commun pour ce jeune homme de 27 ans, qui s'est fait tatouer sa devise dans le cou, "Danser ou mourir".

Installé à Amsterdam, Ahmad Joudeh ne passe pas une journée sans penser à sa famille restée en Syrie. Un jour, il le sait, il retournera danser dans ce pays qu'il aime tant. En attendant, il perfectionne son art et profite d'une vie sans armes ni violence. 

Reportage : rédaction européenne : P. Verdeau / J. Mortier / L. Nassiri / M. Nottebaert / T. Bordau

Avant que la guerre n'éclate en Syrie en 2011, Ahmad Joudeh était élève au Conservatoire de danse de Damas. Un rêve réalisé après un long combat, contre son père notamment. Soutenu par sa mère, il avait réussi à intégrer la prestigieuse école et s'était fait connaître dans son pays. En 2014, il avait participé à la version arabe de l'émission de télévision "So you think you can dance", et sa notoriété n'a cessé de grandir. Son destin a basculé l'été dernier, lorsque le grand reporter néerlandais Roozbeh Kaboly lui consacra un documentaire "Dance or die", qui connut un grand succès sur internet où il fut visionné des millions de fois, et qui fut également diffusé dans plusieurs grands médias européens, dont BBC, Arte et France 2. C'est comme cela qu'il a été repéré par Ted Brandsen, directeur du Ballet National d'Amsterdam. Il a voulu venir en aide au jeune danseur en créant notamment l'association The Dance For Peace Fund. Il y a quelques mois, Ahmad Joudeh arriva à Amsterdam et débuta une nouvelle vie. 

"Danser ou mourir", un tatouage adressé à Daesh

Menacé dans son pays par les terroristes de l'Etat Islamique, Ahmad Joudeh leur montre que sa danse est plus forte que leur haine. Dans le cou, il s'est fait tatouer en Sanskrit "Danser ou mourir". "Je veux dire à tous ces terroristes que je ne les crains pas", explique-t-il. "Le tatouage est situé sur mon cou, à l'endroit où ils coupent les têtes. Une façon de les défier". 

Il rêve de retourner danser et enseigner à Damas

Ahmad Joudeh revit à Amsterdam. Il a un appartement, prend des cours de danse classique et se produit dans les productions du Ballet d'Amsterdam. Mais son pays lui manque, tout comme ses amis et sa famille. Alors qu'il se produit aux cours de la cérémonie des commémorations de la libération d'Amsterdam en 1945, les larmes lui montent aux yeux. "J'attends le jour où je pourrai danser pour la libération de Damas, quand les terroristes auront été expulsés du pays. Ce sera une fête pour chaque citoyen". En attendant ce jour, il danse, vit et poursuit son rêve. 

Par Marie Pujolas

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