Oldeak ("Elans" en langue basque) est un laboratoire de recherche chorégraphique expérimentale qui associe "Bilaka", compagnie de danse traditionnelle basque, et "Illicite", une formation de danse contemporaine académique. 
Oldeak ("Elans" en langue basque) est un laboratoire de recherche chorégraphique expérimentale qui associe "Bilaka", compagnie de danse traditionnelle basque, et "Illicite", une formation de danse contemporaine académique.  © IROZ GAIZKA / AFP

À Bayonne, la danse basque fait corps avec le ballet académique

Mis à jour le 21/08/2017 à 11H27, publié le 21/08/2017 à 11H05

Au Pays Basque, une plateforme du nom d'"Oldeak" ("Elans" en basque) travaille sur des chorégraphies mêlant danse traditionnelle basque et danse classique. Une initiative soutenue par la ville de Bayonne, afin de promouvoir la naissance de projets communs.

Des danseurs basques traditionnels qui se professionnalisent aux côtés d'un ballet contemporain, dont la troupe s'inspire à son tour d'un art très vivace au Pays Basque : c'est la plateforme chorégraphique Oldeak, lancée en mai dernier par la ville de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques).

Oldeak ("Elans" en langue basque) est un laboratoire de recherche chorégraphique expérimentale qui associe "Bilaka", compagnie de danse traditionnelle basque, et "Illicite", une formation de danse contemporaine académique.

La ville de Bayonne assure à toutes deux un soutien logistique (salle de répétitions, bureau, etc.) pour leur permettre de se nourrir de leurs expériences respectives et développer des projets communs.

Un projet inédit en France

Une initiative qu'on ne trouve "nulle part ailleurs" en France, assure Roger Goyhénèche, chorégraphe et directeur de la culture et du patrimoine de Bayonne. "L'objectif est de professionnaliser des danseurs traditionnels basques de 'Bilaka' à travers, entre autres, l'expérience qu'apporte la compagnie 'Illicite'. Dans le même temps, nous soutenons la démarche d''Illicite' dans son projet de danse académique", résume M. Goyhénèche.

Danseur lui-même et investi de longue date dans cette pratique traditionnelle très vivace au Pays basque, il regrette que "la danse académique soit quelque peu dénigrée aujourd'hui". Et souhaite aider la troupe de Fabio Lopez, directeur d'"Illicite", "à porter haut le flambeau de ce genre de danse."

Une création inspirée de Louis XIV

Fabio Lopez et Mathieu Vivier, son homologue de "Bilaka", sont sur la même ligne : "Nous voulons transmettre ce langage qui, entre danse basque et danse académique, n'est pas si éloigné. Il puise en partie dans le répertoire cher à Louis XIV", soulignent-ils.

Très bon danseur lui-même, le Roi Soleil aurait en effet pu découvrir des danseurs basques au cours de ses noces avec Marie-Thérèse, célébrées en mai 1660 à Saint-Jean-de-Luz. Une raison avancée par certains pour expliquer la présence du "pas de basque" et du "saut de basque" dans la nomenclature de la danse classique.

Au Pays Basque, on compte 66 associations de danse pour 300.000 habitants. © IROZ GAIZKA / AFP Au Pays Basque, on compte 66 associations de danse pour 300.000 habitants. © IROZ GAIZKA / AFP

"Dire des choses d'aujourd'hui" par la danse classique

Ancien danseur du Malandain Ballet Biarritz, initié à la danse portugaise durant ses études au Conservatoire national du Portugal, Fabio Lopez fait travailler les danseurs basques pour mieux en cerner l'esthétique.

Son but ? "Dire des choses d'aujourd'hui avec le vocabulaire de la danse classique". "Dans la danse basque, le contact entre danseurs n'existe pas. Je me suis attaché à les mettre en contact. Il y a eu un peu de crainte au début, puis ça a marché", sourit-il.

"Il est aussi intervenu dans la phase d'échauffement, d'étirements, que nous n'avons pas l'habitude de faire", enchaîne Mathieu Vivier, qui pratique la danse basque depuis l'âge de six ans. "Il a apporté des propositions au niveau de la gestuelle. Ce sont des connaissances extrêmement précieuses", estime-t-il.

Le Pays Basque, un "terrain de jeu" idéal

Pour faire perdurer et enrichir ces échanges, Oldeak souhaite à terme s'ouvrir à d'autres chorégraphes, en priorité ceux du Pays Basque, par le biais de partenariats, d'artistes invités, etc.

Et il y a de quoi faire sur un territoire qui compte pas moins de 66 associations de danse pour 300.000 habitants. "Tout le monde danse ! Chaque fête est prétexte à danser dans les villes et villages", s'enthousiasme Fabio Lopez, ému.

"Au Pays Basque, la danse est vivante. C'est un formidable terrain de jeu pour nous", confirme Mathieu Vivier. Mais "ce n'est pas nouveau : Voltaire avait dépeint les Basques comme +ce petit peuple qui danse et chante au pied des Pyrénées+", rappelle-t-il.

Par Culturebox (avec AFP)

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