Jerry Lewis sur la scène du Festival de Cannes en 1984.
Jerry Lewis sur la scène du Festival de Cannes en 1984. © MARCELLO MENCARINI / Leemage

Hollywood et la Maison Blanche rendent hommage à Jerry Lewis

Mis à jour le 21/08/2017 à 9H43, publié le 21/08/2017 à 9H32

L'annonce du décès de Jerry Lewis, star de la comédie américaine, a ému tout le pays, des stars de Hollywood jusqu'aux couloirs de la Maison Blanche.

Après l'annonce de la mort de l'humoriste et acteur américain Jerry Lewis, ce dimanche, à l'âge de 91 ans, les grands noms d'Hollywood et la Maison Blanche ont, presque d'une seule voix, immédiatement rendu hommage à cet artiste complet, inlassable créateur de gags au comique essentiellement visuel.

"Jerry Lewis était un maître", a dit le cinéaste Martin Scorsese, "c'était un grand fantaisiste. C'était un grand artiste. Et c'était un homme remarquable. J'ai eu l'honneur de travailler avec lui et c'était une expérience que je chérirai toujours".

Hommages de Jim Carrey, Robert de Niro et la Maison Blanche

"Ce fou n'était pas un idiot", a twitté l'acteur comique Jim Carrey qui le cite comme une source d'inspiration. "Jerry Lewis était indéniablement un génie, une bénédiction incroyable, l'absolu de la comédie ! J'existe parce qu'il a existé ! ". "Jerry était un pionnier de la comédie et du cinéma. Et c'était un ami", a écrit l'acteur Robert De Niro dans un communiqué. "Même à 91 ans, il n'en a jamais raté une. Il va nous manquer".

La Maison Blanche a qualifié l'acteur de "l'un de nos plus grands fantaisistes et humanitaires". "Jerry Lewis nous a fait rire durant plus d'un demi-siècle et son incroyable travail caritatif a touché la vie de millions de personnes", a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche Sarah Sanders dans un communiqué. "Jerry a vécu le rêve américain --il aimait vraiment son pays et son pays l'aimait en retour".

Le journaliste Larry King, qui a réalisé d'innombrables interviews de célébrités, a salué dimanche un "maître de la comédie", un "acteur fabuleux".

Le comédien est décédé à son domicile de Las Vegas. "Jerry est mort paisiblement chez lui de mort naturelle, entouré de sa famille et de ses amis", a indiqué Nancy Kane, qui représentait l'acteur. "Le monde a perdu l'un des êtres humains les plus remarquables", a-t-elle ajouté.

Un des pontes de la comédie américaine

Né Joseph Levitch à Newark (New Jersey, est), le 16 mars 1926, dans une famille juive d'origine russe, cet homme au visage poupin semblait avoir conservé toute son enfance au fond de son regard étonné. "On n'est pas sérieux lorsqu'on a perpétuellement neuf ans", affirmait celui que ses parents, tous deux artistes de music hall, appelaient Monsieur Néon. Fausses dents, faux nez, de haute taille, il jonglait avec les infirmités. Son art du dédoublement trouva son apogée dans "The Nutty Professor" (Docteur Jerry et Mister Love).

Acteur dans plus de 60 films, Jerry Lewis fut aussi producteur et metteur en scène. Sa rencontre avec le chanteur Dean Martin, en 1946, fut déterminante. Après leur participation au fameux Ed Sullivan Show (1948), ils furent engagés par la Paramount et, dès leur premier film, "My friend Irma" (Ma bonne amie Irma), ils séduisirent un large public. Dix ans plus tard, ils décidèrent de faire carrière en solo. Jerry Lewis devient le principal interprète de films souvent dirigés par Frank Tashlin, comme "The Geisha Boy" (Le kid en kimono) et "Cinderfella" (Cendrillon aux grands pieds).

Un homme engagé auprès des enfants

Devenu professeur de cinéma à l'université de Californie du Sud, il réalisa "Which Way To The Front" (Ya,Ya, mon général), hommage à Chaplin et nouvelle variation sur le thème favori du double. Après dix ans d'absence au cinéma, "l'idiot burlesque" retrouva son public dans "Hardly working" (Au boulot Jerry) avant que Martin Scorsese, en 1983, et Emir Kusturica, en 1991, lui offrent un rôle dramatique, respectivement dans "The King of Comedy" (La valse des pantins) et "Arizona Dream".

Parallèlement à ses activités artistiques, Jerry Lewis, père de sept enfants, s'occupait activement des handicapés physiques et mentaux. Son engagement constant dans la lutte contre la dystrophie musculaire, avec l'animation, depuis 1966, d'un téléthon pour les myopathes, lui valut une nomination au prix Nobel de la Paix.

Par Culturebox (avec AFP)

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