Photo du film "Chez nous" de Lucas Belvaux (avec notamment Catherine Jacob, Emilie Dequenne). 
Photo du film "Chez nous" de Lucas Belvaux (avec notamment Catherine Jacob, Emilie Dequenne).  © Synecdoche / Photo Jean Claude L / Collection ChristopheL

Une mairie FN du Var déprogramme le film "Chez nous" initialement prévu en salle

Mis à jour le 21/03/2017 à 10H48, publié le 19/03/2017 à 18H38

Le cinéma municipal du Luc-en-Provence, une mairie varoise gérée par le Front national, avait prévu de diffuser le film "Chez nous" de Lucas Belvaux, qui décrit l'ascension de l'extrême droite dans le Nord... Avant de le retirer des écrans, a indiqué aujourd'hui le maire Pascal Verrelle. La ministre de la Culture Audrey Azoulay a dénoncé une "censure".

Le film avait été programmé en début de mois pour trois séances les 15, 16 et 18 mars avant d'être rapidement remplacé par le biopic Jackie, a précisé l'élu FN, confirmant une information parue dans Var-Matin qui signale qu'un nouveau dépliant des programmes a dû être imprimé pour rectifier la  programmation.

"Je ne vais quand même pas donner le bâton pour me faire battre"

"Je suis entièrement persuadé que personne dans la liste FN de la municipalité ne met son nez dans la programmation des films", a précisé Pascal Verrelle, qui reconnaît toutefois avoir fait une exception pour ce film qui met en scène l'ascension d'un parti populiste dans le nord de la France. "J'ai été interpellé par un employé municipal qui s'est aperçu de cette programmation, alors j'ai fait en sorte de le déprogrammer, je ne vais quand même pas donner le bâton pour me faire battre", a justifié Pascal Verrelle. Ce film "a fait polémique, certaines municipalités FN ont défilé contre, je n'allais quand même pas me mettre en dehors du jeu", a-t-il expliqué.

Pascal Verrelle précise que la programmation du cinéma municipal du Luc est effectuée par deux personnes du service festivités de la mairie mais, selon  lui, ce choix d'un film jugé "anti-FN" n'a pas été fait "sciemment" par ces employés.  Avant même sa sortie en salles le 22 février, le film "Chez nous" avait été violemment critiqué par certains dirigeants du Front national. Le titre même du film reprend un slogan, "On est chez nous", fréquemment entendu lors des rassemblements de militants Front national.

La ministre de la Culture Audrey Azoulay dénonce une censure

La ministre Audrey Azoulay a estimé que "cette décision montrait le vrai visage du Front national, celui de la censure, de la négation de la liberté de création, de l'atteinte à la liberté d'expression et du refus du débat démocratique". "Dans le passé, à Vitrolles, Marignane ou Orange, le FN s'attaquait aux livres en exerçant la censure dans les médiathèques. Aujourd'hui, au Luc-en-Provence, il s'attaque au cinéma. Et demain, quelle sera leur nouvelle cible ? Le FN a beau tenter de sauver les apparences, il n'a pas changé", a ajouté la ministre dans une déclaration envoyée à l'AFP.

Par Culturebox (avec AFP)

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