La Quinzaine des réalisateurs a récompensé "Un beau soleil intérieur", porté à l'écran par Juliette Binoche.
La Quinzaine des réalisateurs a récompensé "Un beau soleil intérieur", porté à l'écran par Juliette Binoche. © Ad Vitam

"Un beau soleil intérieur" Juliette Binoche en quête désespérée de l'amour vrai

Mis à jour le 19/05/2017 à 8H23, publié le 18/05/2017 à 12H39

"Un beau soleil intérieur", de Claire Denis avec Juliette Binoche fait l'ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs 2017. A la cinquantaine, Isabelle, divorcée et mère d'une petite fille, cherche avec l'énergie du désespoir celui qui sera l'amour de sa vie. Sur un scénario de Claire Denis et Christine Angot qui signe aussi les dialogues.

la note culturebox

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3/5


Isabelle (Juliette Binoche) est peintre. Divorcée et mère d'une enfant de 10 ans, elle a une cinquantaine d'années et va d'amour décevant en liaison cahotique. Isabelle n'est pourtant pas une aventurière. A chaque rencontre, son coeur bat d'espoir : et si c'était lui. Si ce nouveau visage qui se penche sur elle, cette main qui se laisse saisir par la sienne, ce regard qui la scrute, ce corps qui explore son intimité, si cet homme nouveau, c'était "Lui" ? 

Film de femmes sans être film militant

Dans ce film de femmes, réalisatrice, scénariste, dialoguiste, directrice de la photo, actrice principale, les hommes n'ont pas le beau rôle ! Veules, pleutres, torturés, manipulateurs, goujats, ridicules. Ils veulent tous Isabelle. Ils veulent tous se l'approprier. Mais elle n'en veut qu'un. Le seul !

Xavier Beauvois, Nicolas Duvauchelle, Philippe Katerine, Alex Descas ne sont que les facettes différentes, toujours décevantes de cet homme idéal, le mirage vers lequel marche Isabelle dans son désert amoureux si peuplé. Jusqu'à ce voyant, Gérard Depardieu, magnifique de nuance, sorte de Marlon Brando dans "Apocalypse Now", qui referme le film dans une ambiguïté de sentiments, tenté peut-être à son tour d'endosser l'habit fugace de celui qui pourrait se glisser dans l'espoir d'Isabelle. 

La réalisatrice Claire Denis, Juliette Binoche et Christine Angot, le 18 mai 2017 à l'issue de la première projection du film à la Quinzaine des Réalisateurs. © Jean-François Lixon La réalisatrice Claire Denis, Juliette Binoche et Christine Angot, le 18 mai 2017 à l'issue de la première projection du film à la Quinzaine des Réalisateurs. © Jean-François Lixon

La femme de cinquante ans

La profession des actrices et des acteurs se posait il y a peu la juste question de l'absence de la représentation de la femme de cinquante ans dans le cinéma d'aujourd'hui. "Un beau soleil intérieur" lui donne sa juste place, y compris dans les seconds rôles où elle est si souvent oubliée. Juliette Binoche est aujourd'hui une des ces femmes de cinquante ans qui réussissent à exister. Et dans ce film, l'âge est toujours là, dans les corps qui se frôlent, les histoires qu'on se raconte, les cicatrices laissées par les amours déçues.

Pour Claire Denis et Christine Angot, Isabelle n'est pas une héroïne, une va-t-en guerre de l'amour, ni même un symbole. Elle est une femme comme celles que l'on peut croiser dans le métro, chez le poissonnier ou dans une galerie d'art. Une femme qui voit sa vie filer et qui rêve encore, comme adolescente, comme à la trentaine, que le grand amour existe. Elle est de celles qu'on aimerait, c'est vrai, voir plus souvent au cinéma, représentées comme elles sont dans la vie. Est-ce vraiment un hasard si c'est dans un film de femmes qu'elle apparait si bien aujourd'hui ?

Un beau soleil intérieur

Film français de Claire Denis, sur un scénario de Claire Denis et Christine Angot
Avec Juliette Binoche, Xavier Beauvois, Nicolas Duvauchelle, Alex Descas, Philippe Katerine, Josiane Balasko et Gérard Depardieu
1h34
Sortie française le 27 septembre 2017

 

Par Jean-Francois Lixon

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