Erika Cohn (à droite), au festival Sundance en 2015
Erika Cohn (à droite), au festival Sundance en 2015 © LARRY BUSACCA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Le festival de Toronto met en lumière les droits des femmes au Moyen-Orient

Mis à jour à 10h18, publié le 12/09/2017 à 10H09

Les droits des femmes sous un régime régi par la charia, avec l'exemple des territoires palestiniens, sont mis en lumière dans un documentaire de la Britannique Erika Cohn sur une juge, présenté au Festival international du film de Toronto.

"The Judge", documentaire biographique de la réalisatrice Erika Cohn présenté lundi en première mondiale, a basé son scénario sur l'expérience de Kholoud Al-Faqih, première femme juge au sein d'un tribunal islamique palestinien. Près d'une décennie après avoir brisé le plafond de verre, Kholoud Al-Faqih estime que la route est encore longue pour les droits des femmes au Moyen-Orient.

"Personnellement, je suis satisfaite de la vitesse des progrès en Palestine, mais j'espère que le reste des pays du Moyen-Orient accélèreront leur reconnaissance des droits des femmes arabes", a confié la magistrate. En 2009, la juge bouleversait les traditions avec sa nomination au poste de juge dans un tribunal religieux de Ramallah, précédant de peu une autre femme, Asmahan Wuheidi, face à de nombreux candidats hommes, auxquels ces postes sont généralement réservés.

Le film retrace la quête permanente de justice pour les femmes palestiniennes, tout en mettant en lumière des thématiques universelles, comme la garde des enfants, le divorce et les violences conjugales. Pour son documentaire, Erika Cohn a eu un accès sans précédent aux tribunaux de la région, dépeignant ainsi la vie dans les territoires palestiniens à travers le système judiciaire islamique. La réalisatrice espère que les spectateurs seront inspirés par le personnage de la juge Al-Faqih.
"C'est une femme dotée d'une très forte personnalité, et je pense que beaucoup de personnes dans le monde pourront s'identifier à elle", selon Erika Cohn.

"Les femmes ne sont pas traitées de la même manière face à la loi"

Le chef des tribunaux islamiques palestiniens Sheikh Tayseer Al-Tamimi, à l'origine de la nomination de Kholoud Al-Faqih et de sa collègue Asmahan Wuheidi, a été contraint de démissionner un an plus tard. "Les femmes ne sont pas traitées de la même manière face à la loi", regrette-t-il dans le film, laissant entrevoir un vent de changement. "Nous avons besoin d'une révolution de la société", répond la juge Al-Faqih dans le film à une question sur l'importance de l'égalité homme-femme dans la région. L'éducation religieuse actuelle est "choquante", affirme-t-elle, citant en exemple une "photo de femme apposée à une sourate du Coran à propos du diable".
Selon elle, une meilleure éducation est nécessaire pour pallier ce manque de compréhension des droits des femmes. La juge a également prodigué un conseil à ses homologues féminines : "Vous devez croire en vos capacités et en vos droits si vous voulez atteindre votre plein potentiel." "Si l'échec de votre mariage est la seule chose qui vous définit, vous ne vous verrez qu'à travers des morceaux épars de vous-même", a-t-elle estimé. Depuis les nominations de Kholoud Al-Faqih et Asmahan Wuheidi en 2009, seules deux autres femmes ont accédé au poste de magistrate au sein des tribunaux religieux palestiniens. Des femmes juges officient également au sein de tribunaux religieux en Indonésie, Malaisie, Jordanie et Egypte, et Israël a nommé en mai une femme au sein d'un tribunal islamique pour les affaires familiales.

Par Culturebox (avec AFP)

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