Noah Saavedra et Wally Neuzil dans "Egon Schiele" de Dieter Berner
Noah Saavedra et Wally Neuzil dans "Egon Schiele" de Dieter Berner © Alamode Film

"Egon Schiele", biopic fade sur le sulfureux peintre viennois

Mis à jour le 15/08/2017 à 14H58, publié le 15/08/2017 à 14H55

Le plus grand peintre de la Sécession viennoise (1892-1906), avec son mentor Gustav Klimt, Egon Schiele a déjà fait l’objet d’une biographie filmée en 1981, avec Jane Birkin et Mathieu Carrière. Invisible depuis, il ne peut donc pas être comparé à cet "Egon Schiele", qui ne restera sans doute pas plus dans les mémoires.

la note culturebox

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A minima

Etonnant qu’un artiste si novateur et sulfureux, à la vie aussi tragique que romanesque, ayant vécu des événements d’une telle force à l’âge d’or de la "décadence" viennoise, n’inspire pas plus les cinéastes. Force est de reconnaître que le réalisateur, lui-même viennois, Dieter Berner, qui officie principalement à la télévision, n’est pas à la hauteur de son sujet. Pas plus que son acteur dans le rôle-titre, Noah Saavedra.

"Egon Schiele" : la bande annonce

Ce qui ne transparaît pourtant pas à la vision de la belle galerie de photos et à la bande annonce du film, fort bien conçues pour vendre le film. Sur presque deux heures, l'on ne sort pratiquement pas d’intérieurs minimalistes, composés la plupart du temps, d’une chambre/atelier, aux lumières froides : un lit, une armoire, une chaise, un chevalet une fenêtre. Une audace : un extérieur, lors d’une visite à la maison de campagne de Klimt, qui évoque "La Petite maison dans la prairie"… Le parti pris pourrait se justifier si un effort de mise en scène se faisait jour.

Une ressemblance troublante

La bonne surprise est de voir personnalisé le chef de fil de la Sécession (Klimt), revêtu de son ample vareuse bleue, à laquelle il est souvent identifié dans ses photos d’atelier, même si c’est épisodique et un cliché. On ne demande pas à Dieter Berner de verser dans une mise en scène à la Visconti, en étalant les fastes de la Belle Epoque viennoise. Mais son économie de moyens, ajouté à une interprétation sans relief, et une construction attendue ne jouent pas en faveur d’une évocation prenante.

Noah Saavedra et Valerie Pachner dans "Egon Schiele" de Dieter Berner © Alamode Film Noah Saavedra et Valerie Pachner dans "Egon Schiele" de Dieter Berner © Alamode Film

Le sujet s’offrait pourtant à la reconstitution d’une vie tumultueuse, passionnelle et charnelle. On imagine ce qu’en aurait fait un Ken Russel ("Love", "Music Lovers", "Les Diables"…). Une vie qui défraya la chronique, avec la provocation de ses nus – l’essentiel de son oeuvre, sa sexualité effrénée et bigame, sa relation quasi incestueuse avec sa sœur, son procès pour pédophilie… Tout cela est bien évoqué, mais sans verve. Alors que l’on devrait grimper aux rideaux, l’oreiller lance son appel. Un atout : Valérie Pachner qui interprète le modèle préféré de Schiele, à la ressemblance troublante. C’est peu pour un film qui manque passablement d'énergie et d’ambition.

"Egon Schiele" : l'affiche © Bodega Films "Egon Schiele" : l'affiche © Bodega Films

LA FICHE

Drame de Dieter Berner (Autriche / Luxembourg)), avec :  Noah Saavedra, Maresi Riegner, Valerie Pachner, Thomas Schubert - Durée : 1h49 

Synopsis : Au début du XXe siècle, Egon Schiele est l’un des artistes les plus provocateurs de Vienne. Ses peintures radicales scandalisent la société viennoise tandis que les artistes audacieux comme Gustav Klimt les considérent exceptionnelles. Egon Schiele, artiste prêt à dépasser sa propre douleur et à sacrifier l’Amour et la Vie pour son Art guidés depuis toujours par son amour des femmes. Mais cette ère touche à sa fin…

Par Jacky Bornet

@Culturebox

Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox

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