Sennia Nanuadans "The Last Girt - Celle qui a tous les dons" de Colm McCarthy
Sennia Nanuadans "The Last Girt - Celle qui a tous les dons" de Colm McCarthy © Aimee Spinks - Gift Girl Limited / The British Film Institute 2016

"The Last Girl - Celle qui a tous les dons", film de zombies sociétal

Mis à jour à 15h29, publié le 26/06/2017 à 15H27

Réalisateur principalement de séries ("Sherlock", "Dr. Who", "Les Tudors"…), Colm McCarthy, avec "The Last Girl" creuse le sillon des zombies qui sont partout et prolifèrent sur les écrans, petits ou grands. On n’attendait pas Glenn Close dans un film d’horreur qui tire sur une corde à priori usée. Cela serait sans compter sur nos zombies présentés sous un jour inattendu, subtil et efficace.

la note culturebox

4
4/5


Alamo

L’introduction du film qui le situe dans un camp pénitentiaire d’enfants dont on ne connaît pas la raison d'incarcération, intrigue. La conduite de ces enfants est de plus en plus suspecte, tout comme l'est celle de leurs geôliers, brutaux et sans pitié, qui les tiennent constamment en joue et leur hurlent dessus. Quand les zombies attaquent en nombre ce qui s’avère être un complexe médico-militaire, on comprend la dangerosité potentielle des enfants. Une attaque à la "fort Alamo" qui entraîne la fuite de Melanie, une des enfants, avec son professeur, deux soldats et une biologiste.

"The Last Girl - Celle qui a tous les dons" : la bande annonce

Un film odyssée s’enchaîne, traversant la campagne anglaise pour rejoindre Londres, dévasté par l’épidémie qui a détruit la plus grande partie de l’humanité. On pense à "28 jours plus tard" (2003), son cadre britannique aidant, un 3e opus étant dans les tuyaux, toujours avec Dany Boyle aux commandes. Film apocalyptique, "The Last Girl" prend un thème classique et constant du fantastique pour en faire une métaphore sur l’éducation.

Glenn Close, Sennia Nanua dans "Rhe Last Girl" de Colm McCarthy © Aimee Spinks - Gift Girl Limited / The British Film Institute 2016 Glenn Close, Sennia Nanua dans "Rhe Last Girl" de Colm McCarthy © Aimee Spinks - Gift Girl Limited / The British Film Institute 2016

Sa Majesté des mouches

La découverte d’enfants zombifiés au milieu des ruines, dans "The Last Girl", montre un groupe d’instinct grégaire, avec un embryon de hiérarchie et des luttes internes, qui rappellent "Sa Majesté des mouches ", le roman de William Golding, adapté au cinéma par Peter Brook en 1965. Un groupe d’enfants échoués sur une île déserte y créé une société tribale où deux groupes s’affrontent, l’un reposant sur la force, l’autre sur l’intelligence.

Une métaphore sociétale semblable habite le film. Le thème éducatif est introduit dès le début, car si tout commence par l’univers carcéral des enfants, il comprend en priorité une classe où ils sont rassemblés pour apprendre des connaissances et les valeurs de la vie en société. La conclusion qui met en miroir cette introduction et la fin, est le fondement du film, sa raison d’être. Très bien vu.

Sennia Nanuadans dans "The Last Girl - Celle qui a tous les dons" de Colm McCarthy  © Aimee Spinks - Gift Girl Limited / The British Film Institute 2016 Sennia Nanuadans dans "The Last Girl - Celle qui a tous les dons" de Colm McCarthy  © Aimee Spinks - Gift Girl Limited / The British Film Institute 2016

Sous-texte

"The Last Girl" est construit comme un vrai film d’action horrifique. Avec son lot d’affrontements entre humains et morts-vivants. Mais sur un mode original, pas seulement avec des hordes de zombies hallucinés et violents, mais parfois apathiques, immobiles, autour desquels il faut se faufiler sans émettre un son, de crainte de les réveiller… La vision de Londres recouvert de végétation est très aboutie, l’idée des spores qui propagent la maladie, excellente, avec une visualisation forte. De vraies idées narratives et visuelles, poétiques jalonnent le film.

Les zombies à l'écran ont souvent des sous-textes politiques ou sociaux. A l’origine, on y décèle un discours sur la lutte des classes ("White Zombie", 1932), puis sur le droits civiques ("La Nuit des morts-vivants", 1968), sur la guerre du Vietnam ("Le Mort-vivant", 1974), ou sur la surconsommation ("Zombies", 1983). Aujourd’hui, le prétexte est sanitaire : le Sida est passé par là. On trouve également le thème dans "Lifeforce" (1985), ou la nouvelle franchise de "La Planète des singes" depuis 2011 (le 3e film sort le 30 juillet). "The Last Girl" élargit le sous-texte à l’éducation et la culture. Comme des manques qui font de nos enfants des zombies hypnotisés par les technologies nouvelles. De l’art de transmettre un message fort, contemporain, dans un film de genre. Génial !

"The last Gir" : l'affiche (détail) © La Belle company "The last Gir" : l'affiche (détail) © La Belle company

LA FICHE

Fantastique de Colm McCarthy (Grande-Bretagne/Etats-Unis),  Avec : Gemma Arterton, Sennia Nanua, Glenn Close, Paddy Considine,  - Durée : 1h52 - Sortie : 28 juin 2017
Interdit aux moins de 12 ans

Synopsis : Au fin fond de la campagne anglaise, une base militaire héberge et retient prisonniers un groupe d’enfants peu ordinaires qui, malgré le fait d’avoir été infectés par un agent pathogène "zombie" qui a décimé la planète, demeurent capables de penser et de ressentir des émotions. Lorsque la base est attaquée, Melanie, qui semble être la plus surdouée d’entre eux, réussit à s’échapper en compagnie de son professeur, de deux soldats et d’une biologiste qui ne voit en elle qu’un cobaye indispensable à la découverte d’un vaccin. Dans une Angleterre dévastée, Melanie doit découvrir qui elle est vraiment et décider ainsi de son propre sort comme celui de l’humanité.

Par Jacky Bornet

@Culturebox

Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox

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