Johnny Hallyday, Sandrine Bonnaire, Eddy Mitchel et tous les acteurs de "Salaud, on t'aime" de Claude Lelouch
Johnny Hallyday, Sandrine Bonnaire, Eddy Mitchel et tous les acteurs de "Salaud, on t'aime" de Claude Lelouch © Les Films 13 / Paname Distribution

"Salaud, on t'aime" : Lelouch, Johnny, Eddy, Sandrine et les autres

Publié le 31/03/2014 à 11H54

On avait un peu oublié Claude Lelouch, même s’il n’a jamais arrêté de tourner, ce qui est, dit-il, sa drogue. Qui a vu "Les bandits manchots" (2012), "Ces amours-là" (2010), "D’un film à l’autre" (2009) ?… Du coup, son nouveau film, fait l’événement, ne serait-ce que pour son casting des plus "vendeurs" : Johnny Hallyday, Eddy Mitchell et Sandrine Bonnaire. Claude Lelouch retrouve "la gagne".

De Claude Lelouch (France), avec : Johnny Hallyday, Sandriine Bonnaire, Eddy Mitchell, Irène Jacob, Pauline Lefèvre, Valérie Kaprisky - 2h04 - Sortie : 2 avril 2014

Synopsis : Un photographe de guerre et père absent, qui s'est plus occupé de son appareil photo que de ses quatre filles, coule des jours heureux dans les Alpes avec sa nouvelle compagne. Il va voir sa vie basculer le jour où son meilleur ami va tenter de le réconcilier avec sa famille en leur racontant un gros mensonge...

"Salaud, on t'aime" : la bande-annonce

Instinct de famille
Si "Salaud on t'aime" n’est pas un film autobiographique, son argument est proche de l’homme, Claude Lelouch, tout autant de Johnny Hallyday, par l’importance des nombreuse femmes avec lesquelles ils ont eu des enfants, dans leur vie. Par ailleurs, la profession de Jacques (Johnny Hallyday), dans le film, est photographe, et celle de Claude Lelouch, réalisateur : tous deux voient le monde à travers un objectif. De plus, leur métier dans la vraie vie, chanteur et cinéaste, en ont fait des hommes publics, et a sans doute pris, pour beaucoup, le pas sur leur vie privée. Une problématique au cœur de « Salaud, on t’aime ». Les enfants de Jacques ne cessent de lui reprocher de les avoir négligés au profit de son appareil photo.

Le titre de tournage de « Salaud, on t’aime » était « L’Instinct de famille ». Le film met non seulement au cœur de son sujet la famille – un père volage réunit autour de lui ses quatre filles, nées de quatre femmes différentes le temps d’un week-end -, et s’avère un tournage familial. Claude Lelouch connaît Johnny Hallyday, ils ont déjà tourné ensemble (« L’Aventure, c’est l’aventure » - 1972), Eddy Mitchell est un proche de Johnny,  ils ont commencé leur carrière pratiquement en même temps et leur référence musicale majeur est le rock. Reste Sandrine Bonnaire, qui est plus de la « famille » Pialat que Lelouch. Elle est justement dans « Salaud on t’aime » la dernière « pièce rapportée », la nouvelle femme de Jacques, qui la présente à ses enfants et ses amis.

Johnny Hallyday, Sandrine Bonnaire et Eddy Mitchell dans "Salaud, on t'aime" de Claude Lelouch Johnny Hallyday, Sandrine Bonnaire et Eddy Mitchell dans "Salaud, on t'aime" de Claude Lelouch

Le ver dans la pomme
Le talent de Claude Lelouch est justement de transmettre cet esprit de famille dans son film. Une véritable chaleur s’en dégage. C’est sans aucun doute cette atmosphère communicative évidente, à sa vision, qui en fait sa qualité majeure. Il est de plus servi par un décor naturel somptueux, tout comme l’intérieur de ce chalet luxueux, paradisiaque. « Salaud, on t’aime » relève ainsi du meilleur de Claude Lelouch qui sait indéniablement transcrire les rapports humains. Sur un plan plus cinématographique, il privilégie le talent de ses acteurs en favorisant les plans séquences, ce qu’il manie fort bien.

Mais tout n’est pas d’or dans « Salaud, on t’aime » et par moment, le naturel de Lelouch revient au galop. A savoir des dialogues parfois attendus, prévisibles et surlignés qui en rajoutent dans le lyrisme. Johnny Hallyday tient bien la route, mais est par moment laissé en roue libre et perd de sa crédibilité ou « fait » du Johnny face à un Eddy Mitchell, lui, comme à chaque fois à l’écran, remarquable. Quant à Sandrine Bonnaire, elle semble dans la famille Lelouch comme chez elle. Etonnement, Irène Jacob, grande actrice, est quasi-transparente. Soulignons enfin, la présence à la toute fin du film de Valérie Kaprisky qui fait une composition mémorable, confirmant son grand talent. Pourquoi ne tourne-t-elle pas plus ? Enfin, le coup de théâtre qui fait basculer le film de l’intimisme dans ce que ce qui s’approche du thriller n’est pas vraiment maîtrisé. La surprise est réussie, mais son développement moins. Une rupture de ton où s’engouffre toutes la faiblesse d’un film déséquilibré, mais agréable.

Par Jacky Bornet

@Culturebox

Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox

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