Emma Booth, Stephen Curry dans "Love Hunters" de Ben Young
 Emma Booth, Stephen Curry dans "Love Hunters" de Ben Young © UFO Distribution

"Love Hunters", thriller brûlant sur un couple de serial killers

Mis à jour le 13/07/2017 à 21H01, publié le 13/07/2017 à 20H54

Venu d’Australie, "Love Hunters", réalisé par l’inconnu Ben Young, mélange classicisme et originalité sur le thème rabattu des serial killers. Les tueurs en série vont parfois par deux ("Les Tueurs de la lune de miel", "Henry, Portrait of a Serial Killer"). C’est le cas de ces "chasseurs d’amour" qui tirent autant sur le portrait de couple que sur la psychologie criminelle et le thriller. Intense.

la note culturebox

4
4/5


Jusqu’ici tout va bien

"Love Hunters" suit le parcours chronologique d’une jeune fille enlevée par un couple pervers, dont la déviance les conduit au meurtre. Des prédateurs. Il inspire confiance ce jeune couple, cool, seviable : les deux dépannent une jeune lycéenne rencontrée, Vicki, partagent avec elle un verre, puis un joint… Ferrée, elle est cuite : ligotée sur un lit, elle est la proie d'abord de lui, petite frappe humiliée par ses semblables, qui assouvit en elle son complexe d’infériorité en la dominant.

"Love Hunters" : la bande annonce

Cela ne serait rien, si sa compagne n’était pas de la partie. C’est le deuxième point de vue du film : le rapport de la trentenaire à son "mec", à sa victime et sa place dans ce trio. Le troisième regard est celui du pervers qui mène tout ce petit monde à la baguette, alors qu’à l’extérieur, il est sous une menace constante : le papier-peint de la chambre ressemble à la moquette de "Shining"...

Ashleigh Cummings dans "Love Hunters" de Ben Young © UFO Distribution Ashleigh Cummings dans "Love Hunters" de Ben Young © UFO Distribution

Soleil noir

Le jeune réalisateur australien pose sur eux un regard qui les englobe tous, tout en retrait, en entomologiste, sur ces insectes humains qui se débattent dans leur trou - une maison anonyme - en proie à toutes les violences, tant physiques que psychologiques. Une future maison hantée potentielle…

"Love Hunters" reflète toute la particularité du cinéma australien et néo-zélandais qui s’est épanoui dans les années 70 avec Peter Weir, George Miller, puis Jane Campion et Peter Jackson. Le film évoque "Once We Were Warriors" ("L’Âme des guerriers", Lee Tramahori, 1994), pour son approche psychologique et physique d’un milieu clôt gouverné par un couple conflictuel, qui déborde sur la violence extérieure. Parfaitement écrit, assommé sous le soleil éteint de la maison du rapt, "Love Hunters", pur produit du continent austral, dilate une angoisse suintante, révélatrice d’un metteur en scène à surveiller.

Ashleigh Cummings dans "Love Hunters" de Ben Young © UFO Distribution Ashleigh Cummings dans "Love Hunters" de Ben Young © UFO Distribution

LA FICHE

Thriller de Ben Young (Australie),  Avec : Ashleigh Cummings, Emma Booth, Stephen Curry, Susie Porter - Durée : 1h48 -
Sortie : 12 juillet 2017
Interdit aux moins de 16 ans

Synopsis : Australie, été 1987. Un soir, alors que la jeune Vicki Maloney se rend à une soirée, elle est abordée dans la rue par Evelyn et John White, deux trentenaires qui l’invitent chez eux. Sur place, elle comprend qu’elle est tombée dans un piège. Séquestrée, sa seule chance de survie sera d’exploiter les failles du couple…

Par Jacky Bornet

@Culturebox

Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox

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