Histoires du cinéma X
Histoires du cinéma X © Noueau Monde Editions

"Histoires du cinéma X" : Jacques Zimmer enlève le bas

Mis à jour le 10/12/2012 à 13H39, publié le 23/09/2011 à 12H06

Le cinéma pornographique n’est pas né sous « X ». Ce label n’apparaît que dans les années 70, alors que les films dits « licencieux » naissent pratiquement avec le cinéma, au seuil du XXe. Destiné à une réception et une distribution exponentielle sur des supports corolaires aux progrès technologiques, Jacques Zimmer en dresse les « histoires » depuis les origines dans un ouvrage érudit où témoignent celles et ceux qui l’ont fait.

Des débuts obscurs
« Tout commencement est un instant d’extrême délicatesse ». Ainsi s’ouvrait le film « Dune » de David Lynch, qui n’a rien à voir avec le X. Mais cette introduction correspond tout à fait aux précautions que prend Jacques Zimmer pour donner un acte de naissance à une forme cinématographique dénuée de géniteur, de père fondateur.

Ce qui frappe et ce sur quoi insiste Jacques Zimmer dans sa recherche d’un acte premier, c’est l’absence de nom. Pas de nom de réalisateur, d’acteur ou d’actrice. Des rumeurs, des suppositions, des extrapolations président à cette naissance, d’autant plus passionnante qu’elle est marquée du sceau du mystère, alors que, paradoxalement, ces films, par définition, montrent tout.

Frappé du sceau de l’anathème, de la honte, pour ceux qui les font et les regardent, ils doivent rester dans l’ombre, dans l’anonymat, et les bandes de celluloïds passer sous le manteau. En fait, le « porno » est bien né sous X.

La suite est plus aisée à défricher et croise le chemin de grands cinéastes, comme Bunuel, René Clair ou Jean Vigo, avant de s’expatrier dans les « caches sexe » que sont les films de nudistes ou à (fausse) vocation d’éducation sexuelle. Mais dès lors, ces « histoires » se fondent dans celle de la censure comme grande ordinatrice, puis dépendante de l’évolution des mœurs.

1968
Le grand schisme est, l’on s’en doute, 1968, qui entraînera l’expansion de la représentation du sexe à l’écran jusqu’à « l’âge d’or » du milieu des années 70, période où des cinéastes, bon ou mal grès, se spécialisent dans le genre (Bénazéraf dès les années 60, Michel Barny, Jean-François Davy…), tout comme des actrices qui se « starifient » (Maylin Jess, Brigitte Lahaie, Ovidie, également réalisatrice), des producteurs/distributeurs (Marc Dorcel, Francis Misckhind) qui tous, comme d’autres, apportent leur témoignage sur les boires et déboires du X qui, souvent, ont eu un impact inattendu sur leur carrière, voire leur vie propre.

Jacques Zimmer - critique, ancien rédacteur en chef de feu « La Revue du Cinéma » et de « La Saison cinématographique », auteur de plusieurs ouvrages sur le cinéma érotique - met à plat ces « Histoires du cinéma X » d’un point de vue historique, sociologique et anecdotique, en connaisseur, avec une documentation argumentée, un œil critique, clairvoyant et vivant, qui apporte des lumières inédites sur ce cinéma de l’ombre.

Histoires du Cinéma X
Jacques Zimmer
448 pages, nombreuses photo N&B, cahier couleur
Nouveau Monde Editions
23 euros

Par Jacky Bornet

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