Un ouvrier de chez Schneider par Raymond Rochette
Un ouvrier de chez Schneider par Raymond Rochette © France 3 Culturebox

Raymond Rochette, le peintre du geste ouvrier exposé au Creusot

Mis à jour le 27/08/2017 à 10H54, publié le 27/08/2017 à 10H37

Jusqu'au 31 mars 2018, l'écomusée Creusot-Montceau propose "L'obsession de l'industrie", une rétrospective de l'oeuvre du peintre Raymond Rochette. Né au Creusot en 1906, il est décédé dans sa maison natale en 1993. L'essentiel de son oeuvre picturale montre les ouvriers de l'entreprise Schneider au travail. Un corpus très pointu qui débouche sur une oeuvre à caractère universel.

Raymond Rochette (1906-1993) instituteur et peintre est né au Creusot, à deux pas des usines Schneider. S'il est mort à 87 ans dans la maison même qui le vit venir au monde, ce n'est pas un hasard. Après avoir peint la nature et les objets du quotidien, le peintre s'est de plus en plus intéressé à l'homme au travail. Et au Creusot, l'homme au travail est le plus souvent ouvrier et le plus souvent chez Schneider. Il ne s'est donc vraiment éloigné de sa région que pour son service militaire au Maroc.

Peinture dépolitisée du monde ouvrier

Après avoir attendu des années à l'entrée de l'usine, il a enfin obtenu l'autorisation d'y poser son chevalet. Quoique son inspiration soit sociale, son oeuvre est loin du réalisme qui avait cours dans les pays communistes de la même époque. La représentation de l'effort de l'homme dans le contexte industriel ne sert pas une idéologie. L'effort est représenté dans toute sa violence, le geste dans toute sa précision et l'usine sidérurgique dans ses couleurs allant du gris aux couleurs les plus chaudes. Des couleurs qui ne sont parfois que refletées par les visages des travailleurs peints par Rochette.


Reportage : France 3 Bourgogne M. Gillot / C. Lepoittevin / C. Gavignet
 

Au fil du temps, le peintre s'est rapproché de ses modèles. Une rétrospective comme celle proposée à l'écomusée Creusot-Montceau est précieuse car elle permet de suivre l'évolution du geste artistique comme de l'inspiration, d'écouter en quelque sorte la voix de l'artiste nous dire son chemin. Elle permet aussi de se rendre compte d'une réalité aujourd'hui quasiment disparue, l'enfer quotidien de ces hommes qui passaient leur vie dans un monde de métal en fusion. Une oeuvre comme un témoignage.

Par Jean-Francois Lixon

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