Huang Qi chez lui, à Chengdu, le 18 septembre 2012
Huang Qi chez lui, à Chengdu, le 18 septembre 2012 © Gillian Wong / AP / Sipa

Chine : un dissident inculpé après avoir obtenu un prix en France

Mis à jour le 22/12/2016 à 10H46, publié le 22/12/2016 à 10H41

Huang Qi, un vétéran de la cyberdissidence a été inculpé en Chine pour "divulgation de secrets d'État" après avoir obtenu en France un prix pour sa défense de la liberté de la presse, a annoncé jeudi Amnesty International.

Huang Qi, qui a eu maille à partir avec le régime chinois depuis l'an 2000, a été arrêté début novembre à Chengdu, dans le sud-ouest de la Chine, peu après avoir obtenu le prix Reporters sans frontières - TV5 Monde de la liberté de la presse, a indiqué l'organisation de défense des droits de l'Homme dans un communiqué.

Selon Amnesty, sa famille a été informée la semaine dernière qu'il avait été inculpé pour divulgation de secrets d'État à l'étranger, une accusation fréquemment employée contre les opposants politiques et qui peut valoir de nombreuses années de prison.

"Il a peut-être été arrêté en raison de l'attention internationale qu'il a reçue ainsi que son site internet", a déclaré à l'AFP Patrick Poon, un des responsables Chine d'Amnesty International. Son site internet, "64 Tianwang", est bloqué en Chine continentale où ses articles, titrés par exemple "Des fonctionnaires locaux poignardent un militant" ou "Des gangsters arrêtent un manifestant", ne peuvent être lus.

Déjà condamné en 2000 et 2009

Huang Qi avait déjà reçu en 2004 le prix RSF du cyberdissident après avoir été condamné quatre ans plus tôt. Il avait alors été le premier opposant chinois à purger une peine de prison pour avoir utilisé internet à des fins politiques. En 2009, il était à nouveau condamné, cette fois à trois ans de prison, après avoir dénoncé le mauvais état de la construction des écoles qui s'étaient effondrées l'année précédente lors du tremblement de terre du Sichuan (87.000 morts).

Huang Qi avait confié l'an dernier à l'AFP avoir fait l'objet de violences physiques pendant sa détention. Mais il estimait que le régime communiste appréciait son travail, sa dénonciation des injustices se conjuguant à la lutte contre la corruption engagée par le président Xi Jinping. "Le sommet de l'État ne me considère plus comme une menace. On me juge même utile parce que je révèle des affaires qui autrement resteraient cachées", espérait-il alors.

Par Culturebox (avec AFP)

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