Les costumes du théâtre japonais Kabuki à la Fondation YSL

Mis à jour le 06/12/2016 à 6H30, publié le 01/03/2012 à 14H19

La Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent consacre, du 7 mars au 8 juillet, sa 17ème exposition au costume du théâtre japonais Kabuki. 34 costumes issus de la collection Shôchiku, accompagnés d’accessoires, d'estampes, de photographies et de films documentaires, présentent cet art théâtral né au Japon au XVIIème siècle. Il s’agit de la 1re exposition entièrement dédiée au Kabuki qui a lieu à Paris.

La société japonaise Shôchiku a été fondée en 1895 par les frères Otani dans le but de produire des spectacles de Kabuki. Le fait que les pièces exposées soient contemporaines permet de montrer le Kabuki tel qu’il est pratiqué aujourd’hui ainsi que l’héritage traditionnel dont il est empreint. L’exposition s’articule en 3 parties. La 1re présente des costumes appartenant aux pièces emblématiques du kabuki, la 2e aux costumes utilisés pour les scènes dansées et la dernière aux costumes présentant quelques particularités.

Le Kabuki, une forme de théâtre traditionnel japonais
Il a vu le jour au début de l’époque d’Edo (1603-1868). Les 3 idéogrammes qui le compose signifient chant, danse et habileté technique ou jeu de scène. C’est un divertissement scénique où la dimension du spectaculaire et l’art de l’acteur priment. Il recèle des caractéristiques propres, comme le maquillage, les costumes, la gestuelle, les poses, la musique, la danse, un répertoire et des styles de jeu mais aussi des dispositifs scénographiques. Les acteurs se spécialisent dans un style particulier de jeu qui comprend une technique vocale et des déplacements corporels propres mais peut s’étendre jusqu’à inclure le maquillage, le costume, la musique et les effets scéniques.  

Le kabuki a été proclamé par l’UNESCO en 2005 « Patrimoine oral et immatériel de l’humanité ».

Participant à l’aspect spectaculaire du Kabuki, les costumes sont extravagants, somptueux et colorés
Pour leur création, il était interdit d’imiter le style des vêtements de la noblesse, ni d’employer des processus de confection similaires. Des alternatives ont été mises en place pour figurer l’importance ou le statut d’un personnage, ce qui explique certaines disproportions et exagérations. Néanmoins, outre leur aspect visuel et leur beauté, les costumes cachent des indices révélateurs de la personnalité du rôle joué. Répondant à une codification, ils tiennent une place importante dans la compréhension de la pièce. A chaque type de rôle, correspond une forme, des motifs et des couleurs, un maquillage, des accessoires particuliers, qui permettent d’identifier le caractère du personnage, son statut social, la situation dans laquelle il se trouve ou son âge. Par leur décor, leur texture et leur forme, ces costumes ont un impact sur le jeu même de l’acteur, le contraignant ou l’incitant à une gestuelle particulière, devenue propre au rôle joué.

Le musée Berbère du Jardin Majorelle à Marrakech © DR Le musée Berbère du Jardin Majorelle à Marrakech © DR

Quid de la fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent
La Fondation, qui a vu le jour en 2002, est l’aboutissement de 40 années de création. Elle retrace la mode créée par Yves Saint Laurent. En se servant des codes masculins, il apporta aux femmes la sécurité, l’audace tout en préservant leur féminité. Ces vêtements font partie de l’histoire du XXème siècle. Ils ont accompagné l’émancipation des femmes dans tous les domaines, privés, sociaux, politiques.

Reconnue d’utilité publique, la Fondation a pour vocation :
• La conservation des 5.000 vêtements et 15.000 accessoires haute couture et des 35 000 dessins et objets qui témoignent de la création d’Yves Saint Laurent
• L’organisation d’expositions de mode, peinture, photographie, dessin.
• Le soutien d’actions culturelles, artistiques et éducatives. En 2010, la Fondation a reçu dans son patrimoine le Jardin Majorelle de Marrakech au Maroc, qui accueille le Musée Berbère.

Par Corinne Jeammet

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